Le roi Charles III doit plaider ce mardi devant le Congrès américain en faveur de l’unité entre le Royaume-Uni et les États-Unis, tout en soulignant la nécessité de défendre les valeurs démocratiques, dans un contexte de profondes divergences entre les deux alliés sur la guerre en Iran.
Le roi Charles III et la reine Camilla effectuent une visite d’État de quatre jours aux États-Unis destinée à réaffirmer les liens historiques unissant Londres et son ancienne colonie, près de 250 ans après l’indépendance américaine. Ces relations sont communément désignées depuis plusieurs décennies comme la « relation spéciale ».
Sans s’immiscer dans les tensions politiques opposant le président américain Donald Trump au Premier ministre britannique Keir Starmer, le souverain mettra l’accent sur les valeurs communes aux deux nations : la promotion de la paix, de la compassion et de la démocratie, ainsi que la protection de l’environnement et de la liberté religieuse.
Selon une source proche du palais, Charles III devrait rappeler que, malgré les différends ponctuels entre les deux pays, « nos deux nations ont toujours trouvé le moyen de se rapprocher ».
Cette visite, planifiée de longue date, intervient toutefois dans un climat tendu marqué par la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Donald Trump a à plusieurs reprises critiqué le refus britannique de soutenir l’offensive, tandis qu’un courriel interne du Pentagone aurait laissé entendre que Washington pourrait réexaminer son soutien à la souveraineté britannique sur les îles Malouines.
Le discours du souverain, prévu à 15 heures (heure de la côte Est américaine), sera le deuxième prononcé par un monarque britannique devant le Congrès américain. Sa mère, la reine Élisabeth II, s’était adressée aux deux chambres en 1991.
Moment phare de cette visite d’État, la plus médiatisée du règne de Charles III, l’allocution sera suivie mardi soir d’un dîner d’État.
Des liens historiques et stratégiques
Le discours, d’une durée d’environ 20 minutes, devrait mettre en avant les liens profonds unissant les deux nations et le rôle de leur alliance dans la sécurité et la prospérité mondiales, selon la même source.
Le souverain devrait également mettre en garde contre les risques d’actions unilatérales et évoquer l’OTAN ainsi que le conflit en Ukraine.
L’administration Trump a récemment reproché à plusieurs alliés de l’OTAN de ne pas apporter un soutien suffisant aux opérations militaires contre l’Iran. Washington presse également les pays européens d’assumer une plus grande part du financement de l’aide à l’Ukraine face à l’invasion russe.
Charles III devrait aussi rappeler sa fierté d’avoir servi dans la Royal Navy et évoquer les liens étroits entre Londres et Washington en matière de défense, de renseignement et de sécurité, des relations fragilisées par les critiques répétées de Donald Trump sur les capacités militaires britanniques.
D’après la source proche du palais, bien que le discours ait été préparé avec l’appui du gouvernement britannique, une grande partie du ton et du vocabulaire provient directement du roi.
Le gouvernement britannique espère que cette visite contribuera à renforcer les relations transatlantiques, notamment grâce à l’admiration affichée de Donald Trump pour la famille royale britannique. Le président américain qualifie régulièrement Charles III de « grand homme ».
Le souverain devrait également évoquer la fusillade survenue samedi lors du dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche.
La visite a débuté lundi par une rencontre entre Charles III, la reine Camilla, Donald Trump et la première dame Melania Trump autour d’un thé privé à la Maison Blanche. Elle s’est poursuivie par une réception organisée à la résidence de l’ambassadeur britannique, en présence de personnalités médiatiques, de figures influentes de Washington et de responsables américains.
Mercredi, le couple royal se rendra à New York pour rendre hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001.
La visite s’achèvera jeudi en Virginie, où le roi rencontrera des acteurs engagés dans la préservation de l’environnement, une cause qu’il défend depuis plusieurs décennies. Le souverain poursuivra ensuite son déplacement aux Bermudes.
Reuters avec CTV Info





