L’armée américaine a intercepté au moins trois pétroliers battant pavillon iranien dans les eaux asiatiques et les aurait détournés alors qu’ils se trouvaient à proximité des côtes de l’Inde, de la Malaisie et du Sri Lanka, ont indiqué mercredi plusieurs sources maritimes et sécuritaires.
Washington maintient depuis plusieurs mois un blocus visant le commerce maritime iranien, dans un contexte de fortes tensions régionales.
De son côté, l’Iran est accusé d’avoir ciblé des navires afin d’empêcher leur passage dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique à l’entrée du golfe Persique.
Près de deux mois après le déclenchement du conflit impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran, les discussions en vue d’un cessez-le-feu demeurent dans l’impasse.
La fermeture partielle du détroit d’Ormuz aurait fortement perturbé les flux énergétiques mondiaux, affectant près d’un cinquième des approvisionnements en pétrole et en gaz, selon plusieurs analystes.
Dans ce contexte, les forces américaines auraient arraisonné ces derniers jours un cargo et un pétrolier iraniens.
Téhéran affirme pour sa part avoir capturé mercredi deux porte-conteneurs qui tentaient de quitter le Golfe via le détroit d’Ormuz, après des tirs visant ces navires ainsi qu’un troisième bâtiment. Il s’agirait de ses premières saisies depuis le début du conflit.
Selon deux sources maritimes américaines et indiennes, ainsi que deux sources occidentales de sécurité maritime citées par Reuters, les États-Unis auraient également dérouté au moins trois autres pétroliers iraniens au cours des derniers jours. L’armée américaine n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations de commentaires.
Parmi les navires concernés figure le superpétrolier Deep Sea, battant pavillon iranien, partiellement chargé de brut et localisé pour la dernière fois au large de la Malaisie selon les données de suivi maritime.
Le pétrolier Sevin, d’une capacité estimée à un million de barils et chargé à environ 65 %, aurait également été intercepté après avoir été repéré dans la même zone il y a environ un mois.
Le supertanker Dorena, chargé à pleine capacité d’environ deux millions de barils, aurait quant à lui été signalé au large du sud de l’Inde avant son interception.
Le Commandement central américain a indiqué sur le réseau X que ce navire faisait l’objet d’une escorte par un destroyer de la marine américaine dans l’océan Indien après une tentative présumée de violation du blocus.
Un autre pétrolier, le Derya, aurait également été intercepté, selon des sources maritimes. Il n’aurait pas pu décharger sa cargaison en Inde avant l’expiration d’une exemption américaine sur les importations de brut iranien. Les données de suivi indiquent qu’il a été localisé pour la dernière fois au large de la côte ouest indienne.
Dans un communiqué, le Commandement central américain a affirmé que 29 navires avaient reçu l’ordre de faire demi-tour ou de regagner leurs ports d’origine depuis le début des opérations de blocus.
L’armée américaine n’a toutefois pas publié de liste complète des navires concernés et n’a pas réagi aux demandes de précisions concernant certains bâtiments cités.
Une source de sécurité maritime a par ailleurs indiqué que les forces américaines privilégieraient désormais des interceptions en haute mer, afin de limiter les risques liés à d’éventuelles mines dans le détroit d’Ormuz.
CTV Info avec Reuters





