Guerre en Ukraine : Au moins 22 morts dans une « attaque apocalyptique » russe, Kiev réclame des Patriot

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Frappe de missiles et de drones russes à Brovary
Des flammes et de la fumée s’élèvent sur le site d’une attaque de missiles et de drones russes, dans le cadre de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine, dans la ville de Brovary, dans la région de Kiev, en Ukraine, le 14 mars 2026. REUTERS/Yan Dobronosov

Dans la nuit de lundi à mardi, la Russie a lancé l’une de ses plus vastes offensives aériennes depuis le début du conflit. Près de 700 drones et missiles ont visé plusieurs villes ukrainiennes, faisant au moins 22 morts et plus d’une centaine de blessés. À Kiev et Dnipro, les habitants décrivent une « sorte d’apocalypse ».

« Nous ne comprenions pas ce qui se passait – une sorte d’apocalypse ? » Témoin les mains couvertes de poussière, Olha Mudra, une habitante de Kiev, serre contre elle sa fille Natalia, six ans. Comme elle, des dizaines de milliers d’Ukrainiens ont vécu une nuit de terreur, mardi 28 mars, alors que la Russie déchaînait sa puissance de feu sur plusieurs villes du pays.

Selon un nouveau bilan provisoire, au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées dans cette attaque massive, qui a combiné missiles balistiques, hypersoniques et essaims de drones. Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé un « acte terroriste délibéré » et pressé Washington de fournir d’urgence des intercepteurs Patriot pour renforcer une défense aérienne mise à rude épreuve.

Kiev et Dnipro en première ligne

Dans la capitale ukrainienne, le bilan s’élève à six morts et plus de 80 blessés. Neuf immeubles résidentiels, une école maternelle, une clinique et des bâtiments administratifs ont été endommagés. L’attaque a également privé d’électricité 140 000 foyers, a indiqué l’opérateur DTEK. Face au déluge de feu, plus de 40 000 personnes se sont réfugiées dans les stations de métro, un record depuis 2022, certaines avec leurs animaux et leurs matelas.

Plus au sud-est, la ville de Dnipro a été frappée à deux reprises : d’abord dans la nuit, puis en début d’après-midi. Seize personnes y ont péri, dont deux jeunes garçons, selon les autorités locales. L’attaque de l’après-midi a fait au moins deux blessés supplémentaires.

Des missiles hypersoniques intraçables

L’armée de l’air ukrainienne a précisé que l’attaque nocturne avait inclus 33 missiles balistiques, difficiles à intercepter, et huit missiles hypersoniques Zircon, un record depuis le début de la guerre. D’une portée de 1 000 kilomètres et atteignant neuf fois la vitesse du son, ces projectiles conçus par Moscou sont quasi impossibles à abattre avec les systèmes actuels. Sur les 73 missiles et plus de 600 drones lancés, Kiev affirme avoir neutralisé 40 missiles et 602 drones… mais aucun Zircon.

De son côté, le ministère russe de la Défense a revendiqué une « frappe massive contre des installations de l’industrie de défense ukrainienne », affirmant avoir touché dix sites de production militaire à Kiev.

Zelensky réclame des Patriot, les négociations au point mort

« La Russie est en train de perdre sur le champ de bataille. Aucun nombre de missiles ne peut changer cela. Ce que nous pouvons changer, c’est la capacité de la Russie à poursuivre ses activités terroristes », a martelé Volodymyr Zelensky sur le réseau social X.

Les États-Unis restent le principal fournisseur d’armes de Kiev, mais les livraisons de munitions pour les précieux systèmes Patriot s’amenuisent. L’Ukraine achète également ces missiles via une initiative de l’OTAN financée par ses alliés européens.

Pendant ce temps, les pourparlers menés sous l’égide de Washington sur un règlement du conflit sont au point mort, l’administration américaine étant désormais accaparée par le dossier iranien.

Répliques sur le territoire russe

Dans un mouvement de bascule classique du conflit, l’Ukraine a riposté en frappant des infrastructures énergétiques russes. Dans la région de Krasnodar (sud de la Russie), la raffinerie d’Ilskyi a pris feu après une attaque de drone, confirmée par l’état-major ukrainien.

Dans la région frontalière de Belgorod, un garçon de 11 ans a été blessé par l’impact d’un drone ukrainien sur une maison. Moscou affirme avoir abattu 148 drones ukrainiens dans la nuit.

L’Otan, par la voix de la Pologne, a fait décoller des avions militaires pour sécuriser son espace aérien en réaction aux frappes russes.

Contexte : une guerre de destruction réciproque

Depuis l’invasion de février 2022, la guerre a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé des millions de personnes et rasé des villes entières. La Russie contrôle environ un cinquième du territoire ukrainien.

Les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité des frappes contre les civils. Kiev nie avoir ciblé un dortoir dans la région de Louhansk sous occupation russe le mois dernier – une attaque que Moscou avait présentée comme justifiant des représailles « systématiques » contre la capitale.

Si les avancées russes sur le terrain ont ralenti cette année, l’escalade aérienne, elle, ne faiblit pas. Et alors que l’Ukraine intensifie ses frappes contre les raffineries russes, Moscou répond par une pluie d’hypersoniques. Une apocalypse silencieuse, à neuf fois la vitesse du son.

CTV avec Reuters

 

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