Washington accueille des pourparlers israélo-libanais sur fond d’escalade militaire

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Israël et le Liban, deux États officiellement en guerre depuis 1948

Des discussions informelles entre Israël et le Liban, deux États officiellement en guerre depuis 1948, s’ouvrent ce mardi à Washington sous l’égide des États-Unis, dans un contexte de recrudescence des affrontements le long de la frontière sud libanaise.

Cette rencontre, à caractère exploratoire, réunit les ambassadeurs des deux pays à Washington, Nada Hamadé Mouawad pour le Liban et Yechiel Leiter pour Israël. Elle fait suite à un échange téléphonique intervenu le 10 avril, premier contact officiel entre Beyrouth et Tel-Aviv depuis plus de quatre décennies.

Prévue à 15h00 GMT, la réunion se tient en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, de l’ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa, ainsi que de Michael Needham, conseiller au département d’État, selon des sources diplomatiques.

Du côté libanais, les autorités affichent clairement leurs priorités. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a indiqué que Beyrouth entendait mettre à profit ces discussions pour obtenir un cessez-le-feu. Une position qui intervient dans un climat régional tendu, marqué par la poursuite des hostilités entre Israël et le Hezbollah, mouvement chiite soutenu par l’Iran.

Cependant, les attentes divergent profondément entre les parties. Israël a d’ores et déjà exclu toute discussion autour d’une trêve avec le Hezbollah, tandis que ce dernier rejette catégoriquement toute forme de négociation avec l’État hébreu.

Dans une allocution télévisée diffusée lundi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a appelé les autorités libanaises à renoncer à cette initiative diplomatique, la qualifiant d’« inutile ». Il a par ailleurs réaffirmé la détermination de son mouvement à poursuivre les combats face aux offensives israéliennes.

Parallèlement, l’Iran, engagé dans des négociations complexes avec Washington, conditionne tout éventuel accord à un arrêt des hostilités sur le territoire libanais, ajoutant une dimension supplémentaire à l’équation diplomatique.

Sur le terrain, la situation militaire continue de se détériorer. L’armée israélienne a lancé une offensive terrestre sur Bint Jbeil, bastion stratégique du Hezbollah situé à proximité immédiate de la frontière. Selon des sources sécuritaires concordantes, la ville est désormais encerclée et fait l’objet d’assauts au sol.

Israël affirme vouloir sécuriser l’ensemble de la zone frontalière sud jusqu’au fleuve Litani, tandis que les responsables libanais dénoncent des pourparlers menés sans consensus national. Le Hezbollah, tout comme son allié politique Nabih Berri, président du Parlement, refuse toute négociation en l’absence d’un cessez-le-feu préalable.

Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a précisé que la mission confiée à la délégation libanaise se limitait strictement à la recherche d’une trêve.

À l’inverse, Israël présente ces discussions comme une première étape vers de potentielles négociations de paix formelles, tout en maintenant sa ligne dure face au Hezbollah. Selon des sources proches du gouvernement de Benjamin Netanyahu, Tel-Aviv pourrait notamment exiger l’éviction de ministres libanais affiliés au mouvement chiite.

L’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, après plus d’un an de violences transfrontalières, prévoyait le démantèlement de l’arsenal du Hezbollah, une disposition restée lettre morte. Estimant que l’État libanais n’a pas su imposer son autorité sur les armes, Israël poursuit ses frappes ciblées contre les positions du mouvement.

Depuis le lancement de l’offensive israélienne le 2 mars, le bilan humain s’alourdit. Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2 080 personnes ont été tuées au Liban, dont 252 femmes et 116 enfants. Le Hezbollah n’a pas communiqué de chiffres officiels, mais des sources proches évoquent plus de 400 combattants tués fin mars.

En Israël, les tirs de missiles du Hezbollah ont touché plusieurs grandes villes, dont Haïfa et Tel-Aviv. Les autorités font état de 15 morts, parmi lesquels deux civils et treize militaires.

CTV Info avec Reuters

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