Elle avait choisi d’aller là où peu osent s’aventurer. Karine Buisset, employée de l’Unicef, avait fait de l’est de la République démocratique du Congo son terrain d’engagement ( une région ravagée par des décennies de violence, où les besoins humanitaires n’en finissent pas de croître). Dans la nuit du 10 au 11 mars, deux drones ont tout arrêté. Deux explosions à Goma, et c’est une vie dévouée aux autres qui s’éteint, avec elle un agent des Nations unies et deux civils.
Ses collègues de l’Unicef sont venus se recueillir en silence devant la maison où elle vivait. Ce geste en dit long, face à tous les communiqués, l’ampleur du deuil.
La réponse politique n’a pas tardé. Emmanuel Macron a été le premier à prendre la parole, transmettant sur X le soutien et l’émotion de la Nation à la famille de Karine Buisset, avant d’appeler solennellement au respect du droit humanitaire international.
Du côté de Bruxelles, le Vice-Premier ministre belge Maxime Prévôt a refusé tout euphémisme : ce n’est pas un « incident isolé », a-t-il martelé, mais bien une « multiplication d’attaques en violation du cessez-le-feu, menées par toutes les parties ». Il s’agit là d’un constat que le groupe de contact sur les Grands Lacs, réunissant plusieurs chancelleries occidentales, avait déjà formulé la semaine précédente. Plus glaçant encore : la Commissaire européenne Hadja Lahbib, qui foulait elle-même le sol de Goma un mois plus tôt, a révélé qu’une partie du personnel humanitaire de l’UE logeait dans la concession visée cette nuit-là. Le danger n’était pas abstrait. Il était là, dans ces murs.
Dans les rangs humanitaires, la stupeur laisse place à la colère. Catherine Russell, directrice générale de l’Unicef, s’est dite « bouleversée et indignée », promettant de faire toute la lumière sur les circonstances du drame. Bruno Lemarquis, chef des opérations humanitaires en RDC pour sa part a condamné cette escalade avec la même fermeté, et François Moreillon, du Comité international de la Croix-Rouge, a rappelé l’inviolable : « les civils et le personnel humanitaire ne doivent jamais être la cible d’attaques. » Des mots justes mais qui sonnent creux face à une réalité que les acteurs de terrain dénoncent depuis plus d’un an.
pour rappel, en 2025 , le Bureau onusien de coordination humanitaire Ocha tirait la sonnette d’alarme sur le nombre alarmant d’incidents visant les humanitaires dans l’est du Congo. Karine Buisset est venue s’ajouter, tragiquement, à cette liste qui ne devrait pas exister.

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