L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a lancé lundi une série d’exercices militaires dans l’Arctique. Cette édition met particulièrement l’accent sur le rôle que pourraient jouer les populations civiles en soutien aux forces armées, dans un contexte régional encore marqué par les tensions suscitées par les ambitions répétées de Donald Trump concernant le Groenland.
Baptisées « Cold Response », ces manœuvres se dérouleront jusqu’au 19 mars et visent à tester la capacité de défense de l’alliance dans l’Europe arctique. La zone est jugée stratégique, notamment parce que la Norvège et la Finlande y partagent une frontière avec la Russie.
Organisés tous les deux ans en février, ces exercices sont désormais intégrés à l’opération « Sentinelle de l’Arctique », mise en place pour renforcer la présence militaire de l’OTAN dans cette région sensible.
Au-delà de l’aspect militaire, ces manœuvres interviennent également dans un climat diplomatique délicat au sein de l’alliance. Les tensions ont été ravivées par la volonté exprimée par le président américain Donald Trump d’acquérir le Groenland, territoire autonome du royaume du Danemark.
Washington estime que Copenhague ne dispose pas des moyens suffisants pour garantir la sécurité de l’île face aux ambitions de la Chine et de la Russie. Les autorités danoises et groenlandaises ont toutefois réaffirmé à plusieurs reprises que le territoire n’était pas à vendre.
Près de 25 000 soldats issus de 14 pays, dont les États-Unis et le Danemark, prennent part à ces exercices, principalement dans le nord de la Norvège et de la Finlande. Environ 4 000 militaires américains devraient être engagés dans les opérations.
Peu avant le lancement des manœuvres, l’armée américaine a toutefois retiré un escadron d’avions de combat F-35, sans préciser si cette décision était liée au conflit opposant Washington à l’Iran depuis la fin du mois de février.
« L’armée américaine est une force déployée à l’échelle mondiale. Il n’est pas inhabituel que des unités soient réaffectées ou repositionnées de manière dynamique pour diverses raisons », a expliqué à Reuters un porte-parole du Corps des Marines des États-Unis en Europe.
Les civils au cœur de la stratégie de défense
En parallèle, la Norvège a proclamé 2026 “année de la défense totale”, une initiative visant à préparer la population civile, les entreprises et les institutions publiques à faire face à un éventuel conflit armé ou à d’autres crises majeures.
« Nous voulons que notre armée puisse pleinement assurer sa mission de défense du pays. Pour cela, nous dépendons du fonctionnement normal de la société dans son ensemble », a déclaré le major-général Lars Lervik, chef de l’armée norvégienne.
Selon lui, ces exercices offrent également l’occasion de simuler des situations dans lesquelles les civils pourraient soutenir directement l’effort militaire. « Par exemple, lorsque les services de santé doivent prendre en charge un nombre inhabituellement élevé de soldats blessés, qu’ils soient norvégiens ou issus des forces alliées », a-t-il précisé.
Jeudi, un scénario spécifique doit ainsi tester la capacité des hôpitaux du nord de la Norvège à traiter un afflux massif de blessés évacués depuis une ligne de front fictive située en Finlande.
CTV Info avec Reuters





