Détroit d’Ormuz : Reprise partielle du trafic maritime sous conditions iraniennes

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Cette illustration, prise le 23 mars 2026, présente une carte du détroit d’Ormuz et un oléoduc imprimé en 3D. REUTERSDado RuvicIllustrationPhoto d’archive.

Plusieurs navires battant pavillons omanais, français et japonais ont traversé le détroit d’Ormuz depuis jeudi, selon des données de suivi maritime. Cette évolution traduit l’application par l’Iran d’une politique sélective autorisant le passage des bâtiments jugés « amicaux », dans un contexte de fortes tensions régionales.

Trois pétroliers exploités par des opérateurs omanais, un porte-conteneurs appartenant à la compagnie française CMA CGM et un méthanier lié à un armateur japonais figurent parmi les navires ayant franchi ce passage stratégique, par lequel transite environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Téhéran avait initialement fermé le détroit à la suite des frappes aériennes américaines et israéliennes menées fin février, provoquant une escalade du conflit. Les autorités iraniennes ont par la suite assoupli leur position, annonçant autoriser le transit des navires sans lien avec les États-Unis ou Israël.

Les marchés pétroliers restent attentifs à tout signe de normalisation du trafic, après plusieurs tentatives de franchissement ces dernières semaines, souvent suivies de nouvelles interruptions.

Jeudi, un porte-conteneurs de CMA CGM a ainsi traversé le détroit, le jour même où le président français Emmanuel Macron a plaidé pour une solution diplomatique afin de garantir la libre circulation maritime.

Selon les données disponibles, le navire français aurait modifié sa destination dans le système d’identification automatique (AIS) pour afficher « Propriétaire France » avant d’entrer dans les eaux iraniennes, signalant ainsi son origine aux autorités locales. D’autres navires auraient, en revanche, désactivé leurs transpondeurs lors de la traversée, rendant leur suivi temporairement impossible.

Deux très grands pétroliers ainsi qu’un méthanier exploités par Oman Shipping Management ont également quitté le Golfe jeudi. Oman, qui joue un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington, a critiqué les frappes militaires intervenues alors que des négociations étaient en cours.

Du côté japonais, la compagnie Mitsui OSK Lines a confirmé vendredi le passage du méthanier Sohar LNG, premier navire lié au Japon et premier transporteur de GNL à franchir le détroit depuis le début de la crise. La société n’a toutefois pas précisé les conditions exactes de cette traversée.

Malgré ces mouvements, la situation reste tendue. Selon le ministère japonais des Transports, près de 45 navires exploités par des entreprises japonaises demeurent bloqués dans la région.

Un autre transporteur de GPL, le Green Sanvi, a néanmoins réussi à quitter le Golfe via les eaux territoriales iraniennes, tout comme le Danisa, un grand transporteur de gaz à destination de la Chine.

Dans ce contexte incertain, le détroit d’Ormuz demeure sous étroite surveillance, entre timide reprise du trafic et persistance des risques géopolitiques.

CTV Info avec Reuters

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