Donald Trump a annoncé mardi le report de sa visite en Chine, initialement prévue du 31 mars au 2 avril, pour rencontrer son homologue Xi Jinping. Cette décision survient alors que les tensions internationales s’intensifient, notamment avec la guerre en Iran, et ralentit les efforts visant à apaiser les relations entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.
« Nous reprogrammons la réunion (…) Nous travaillons avec la Chine. Cela leur va », a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale. Il a confirmé une hypothèse évoquée ces derniers jours par des responsables de son administration.
Cette visite officielle à Pékin, qui marquera le premier déplacement de Trump en Chine depuis le début de son second mandat en janvier 2025, devrait désormais avoir lieu dans cinq à six semaines.
L’ambassade de Chine à Washington n’a pas encore répondu à une demande de commentaire. Pékin a pour habitude de ne pas annoncer longtemps à l’avance les dates ou l’agenda des déplacements officiels de Xi Jinping.
Alors que le report semblait inévitable, des analystes ont souligné qu’il pourrait ralentir la refonte des relations bilatérales entre les deux pays.
Sur le plan économique et diplomatique, cette incertitude pèse sur les marchés, déjà affectés par la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné une hausse des prix du pétrole, perturbé le fret maritime via le détroit d’Ormuz et accentué l’attention des investisseurs sur la sécurité énergétique.
Le week-end dernier, des délégations américaine et chinoise ont mené à Paris un cycle de négociations commerciales qualifié de « remarquablement stable » par des sources proches du dossier.
Néanmoins, le report de la visite présidentielle retarde les discussions sur des sujets sensibles tels que Taïwan, les droits de douane, les terres rares, l’agriculture et les semiconducteurs.
La guerre avec l’Iran, déclenchée par les frappes américaines et israéliennes le 28 février, mobilise actuellement l’attention de l’ensemble de l’administration américaine.
Selon une source proche des préparatifs entre Washington et Pékin, il était devenu inopportun d’organiser un déplacement d’État fastueux au moment où l’économie américaine subit les répercussions du conflit et que les corps de soldats américains tués au Moyen-Orient ont récemment été rapatriés.
Trump avait récemment suggéré que Pékin contribue à garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Il a souligné également que la Chine reste le principal importateur de pétrole iranien. Le gouvernement chinois n’a pas répondu directement à cette demande.
De leur côté, les alliés occidentaux de Washington ont indiqué ne pas envisager l’envoi de bâtiments de guerre pour sécuriser la zone, tandis que la cheffe de la diplomatie européenne a réaffirmé mardi que l’Union européenne privilégiait une solution diplomatique.
CTV Info avec Reuters





