Vers une victoire écrasante d’Abiy Ahmed aux législatives éthiopiennes

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PHOTO DE FICHIER : Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’adresse aux membres du Parlement
PHOTO DE FICHIER : Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’adresse aux membres du Parlement sur la situation actuelle du pays dans le bâtiment du Parlement, à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 3 février 2026. REUTERS/Tiksa Negeri/File Photo

Des élections législatives et régionales sont organisées ce lundi en Ethiopie, où le parti du Premier ministre Abiy Ahmed devrait selon des analystes signer une victoire écrasante, en dépit de troubles importants dans une grande partie du pays.

Nommé en 2018 à la suite d’un vaste mouvement de contestation contre la coalition FDRPE au pouvoir de longue date, Abiy Ahmed, 49 ans, ambitionne de renforcer sa mainmise sur la politique nationale. Son Parti de la prospérité a remporté 410 des 484 sièges du Parlement lors du scrutin de 2021.

Si plus de 50 millions d’Éthiopiens sont inscrits sur les listes électorales, aucun bureau de vote ne sera ouvert dans la région du Tigré, la commission électorale ayant déterminé qu’il y avait des « conditions défavorables » en raison de troubles politiques consécutifs aux guerres de 2020 et 2022.

Près de la moitié des 135 millions d’habitants du pays, le deuxième le plus peuplé d’Afrique, sont âgés de moins de 18 ans.

Les candidats issus du Parti de la prospérité ont vanté durant la campagne le bilan économique du gouvernement, citant un renforcement de la sécurité alimentaire et la croissance attendue selon des responsables à plus de 10% cette année – l’une des plus importantes du continent.

Mais une insurrection secoue toujours les deux plus grandes régions d’Ethiopie, où différents groupes ethniques dénoncent ce qu’ils décrivent comme leur marginalisation au sein du système fédéral.

Dans la région d’Oromiya, dont Abiy Ahmed est natif et où se trouve la capitale Addis-Abeba, des milliers de personnes ont été tuées ces dernières années dans les affrontements entre les forces gouvernementales et les séparatistes du Front de libération Oromo (FLO). Dans la région voisine d’Amhara, une milice connue sous le nom de Fano s’est emparée depuis 2023 de pans de terres.

Bien qu’un accord de paix en 2022 a mis fin à la guerre au Tigré, durant laquelle des centaines de milliers de personnes ont été tuées selon les données de chercheurs, le fait que le principal parti politique local ait récemment tenté de reprendre le contrôle de l’administration régionale fait craindre à des responsables et des analystes le risque de nouveaux troubles.

Il est malgré tout attendu que le Parti de la prospérité domine les élections en raison de la fragmentation de l’opposition, minée par des divisions internes.

Les résultats sont attendus le 11 juin.

OBSTACLES

Les partis d’opposition accusent le gouvernement fédéral de chercher à leur nuire en arrêtant leurs chefs de file et en imposant des obstacles juridiques à leurs activités politiques – ce que nie le gouvernement.

Reuters n’est plus en mesure de travailler en Ethiopie depuis février dernier, quand l’entité compétente a refusé de renouveler les accréditations des journalistes basés à Addis-Abeba.

Après son arrivée au pouvoir en 2018, Abiy Ahmed a lancé une libéralisation de l’économie éthiopienne, jusque-là hautement contrôlée, et a ordonné la libération de journalistes, d’activistes et d’autres prisonniers politiques. Il a remporté le prix Nobel de la paix en 2019 pour avoir mis fin aux hostilités avec l’Érythrée voisine.

Des adversaires du Premier ministre et des défenseurs des droits de l’homme accusent toutefois son gouvernement d’avoir effectué ces dernières années un retour en arrière en procédant à l’arrestation de journalistes, en mettant fin aux activités de groupes de la société civile et en menant des campagnes militaires marquées par des atrocités.

Le gouvernement éthiopien nie des infractions systémiques aux droits humains et décrit ses actions comme nécessaires pour protéger la sécurité nationale.

Un regain de tensions avec l’Érythrée est apparu au cours des dernières années en partie à cause de déclarations répétées d’Abiy Ahmed pour revendiquer un droit d’accès à la mer, qu’il présente comme une question « existentielle » pour l’Ethiopie. Asmara y voit une menace implicite d’offensive militaire, même si le dirigeant éthiopien a assuré vouloir ouvrir un dialogue.

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