À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, célébrée chaque 18 juin, le Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique centrale (CNUDHD-AC) a organisé ce 17 juin un atelier de formation dans son centre régional à Yaoundé. Destiné à une trentaine d’étudiants et d’acteurs de la société civile, l’objectif était clair : leur apprendre à distinguer désinformation, mésinformation et discours de haine, et leur donner les clés pour y faire face sur les réseaux sociaux.
La matinée a débuté par une présentation magistrale de Dr. Betga Akeudji Ordy Philaine, PhD, Analyste des droits de l’homme et de la démocratie au CNUDHD-AC. Elle a établi la corrélation entre discours de haine et droits humains, rappelant que la liberté d’expression a ses limites lorsqu’elle porte atteinte à la dignité d’autrui. Les formateurs Anicet Mbelamout et Fabrice Makem, d’Eduk-Média (une association créée en 2016 pour éduquer les jeunes aux dangers des médias ) ont ensuite pris le relais. La désinformation ( un mensonge délibéré ) a été distinguée de la mésinformation ( une erreur partagée sans mauvaise intention). Le discours de haine, lui, a été défini comme toute attaque contre une personne ou un groupe, basée sur son origine, sa religion ou son genre. « Un simple partage peut faire de moi un relais de haine sans que je le sache », a réalisé une participante.
Mais l’atelier ne s’est pas arrêté à la théorie. Les participants ont été formés à des réflexes pratiques : vérifier la source d’une information, se méfier des titres racoleurs et des images sorties de leur contexte.. La haine en ligne ne se combat pas seulement par des lois, mais par une prise de conscience individuelle et collective. En Afrique centrale, où les tensions ethniques et politiques peuvent s’enflammer en quelques clics, cette formation citoyenne apparaît comme une réponse préventive essentielle.
À l’heure du départ, chaque participant est reparti avec une certitude : la haine en ligne n’est pas une fatalité. Comme le rappelait Anicet Mbelamout : « Chaque veilleur que nous formons est un rempart. Et les remparts, on les construit pierre par pierre. » Ce 17 juin, à Yaoundé, une pierre de plus a été posée.





