L’ancien Premier ministre a été porté au perchoir mardi 26 mai avec 132 voix sur 133, grâce à la majorité large et absolue dont jouit le Pastef (130 sièges sur 165). L’opposition a boycotté le scrutin. Dès son installation, Sonko a promis de contrôler l’action du gouvernement sans le bloquer, mais en refusant toute « chambre d’enregistrement ». Une configuration inédite s’ouvre pour le Sénégal, entre cohabitation forcée et risque de paralysie institutionnelle.
L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a été élu mardi 26 mai 2026 à la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal, recueillant 132 voix sur 133 exprimées lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. Cette élection, intervenue quatre jours après son limogeage par le président Bassirou Diomaye Faye, a été rendue possible par la majorité large et absolue dont dispose son parti, le Pastef, qui contrôle 130 des 165 sièges de l’hémicycle. Dès son investiture, Sonko a promis de ne pas bloquer l’action gouvernementale tout en affirmant que l’Assemblée nationale ne serait « pas une chambre d’enregistrement », posant ainsi les bases d’un rapport de force inédit entre les deux têtes de l’exécutif désormais séparées.
La rupture consommée le 22 mai entre les deux anciens alliés trouve ses racines dans des divergences croissantes de méthode et de stratégie, notamment sur la gestion de la dette publique et les relations avec les institutions financières internationales. En accédant au perchoir, Ousmane Sonko devient la deuxième personnalité de l’État et dispose d’un puissant levier de contrôle sur le Premier ministre et technocrate Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, nouvellement nommé par le président Faye, et incidemment sur le nouveau gouvernement formé par cet ancien collaborateur et ex-secrétaire général du gouvernement formé jadis par Sonko lui-même. Des analystes comme Maurice Soudieck Dione, professeur de sciences politiques, soulignent que cette configuration inédite pourrait conduire à une « cohabitation interne » source de tensions institutionnelles durables, d’autant que le président conserve la faculté de dissoudre l’Assemblée, mais pas avant novembre 2026.
Dans ce contexte économique marqué par un endettement public élevé et des négociations délicates avec le FMI, l’équilibre entre la présidence de la République et la présidence de l’Assemblée nationale apparaît particulièrement fragile. Ousmane Sonko a déjà fait savoir qu’il entendait peser sur la composition et l’action du prochain gouvernement. C’est donc un bras de fer institutionnel qui s’annonce à Dakar, chacun des deux camps pouvant paralyser l’autre sans qu’aucune issue de compromis ne se dessine clairement à ce stade.
Crédit photo: Média le Soleil





