Un ancien diplomate belge conteste en justice sa mise en accusation dans l’affaire de l’assassinat de Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance congolaise.
Selon son avocat, interrogé vendredi par Reuters, Étienne Davignon, 93 ans, a interjeté appel de la décision rendue le 17 mars par un tribunal belge ordonnant son renvoi devant la justice.
L’ancien vice-président de la Commission européenne est poursuivi pour son implication présumée dans le meurtre de Patrice Lumumba, survenu en 1961.
Sans fournir de précisions supplémentaires, la défense s’est contentée de confirmer l’appel introduit par son client.
D’après l’accusation, Étienne Davignon, alors jeune diplomate, aurait pris part à la détention ou au transfert illégal de Patrice Lumumba, contribuant ainsi à le priver de son droit à un procès équitable.
Il est aujourd’hui le seul survivant parmi les responsables belges suspectés d’avoir joué un rôle dans cet assassinat.
Premier chef de gouvernement du Congo indépendant en 1960, Patrice Lumumba est rapidement évincé du pouvoir avant d’être exécuté le 16 janvier 1961 par des rebelles sécessionnistes, avec le soutien de la Belgique.
Une commission d’enquête parlementaire belge a conclu en 2002 à la « responsabilité morale » de l’État belge dans sa mort.
Le procès visant Étienne Davignon constitue ainsi la première procédure judiciaire liée à cette affaire, et pourrait représenter la dernière opportunité de faire la lumière sur l’un des épisodes les plus controversés de l’histoire coloniale belge.
Malgré un passage éclair à la tête du gouvernement, Patrice Lumumba demeure une figure majeure de la lutte anticoloniale, incarnant les aspirations des peuples africains à l’indépendance dans les années 1960.
CTV Info avec Reuters





