Face aux revers militaires en Afrique francophone, le président français tente un repositionnement stratégique vers les pays anglophones, incarné par le sommet Africa Forward au Kenya. Annonces d’investissements massifs, mais scepticisme persistant.
À Nairobi, le sommet Africa Forward , premier du genre organisé dans un pays anglophone a permis à Emmanuel Macron de défendre un bilan contrasté après une décennie marquée par des revers majeurs : expulsion des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, concurrence russe et chinoise croissante. Face à ce déclin d’influence dans l’Afrique francophone, la France tente un repositionnement stratégique vers des partenaires plus stables comme le Kenya, symbolisé par la tenue même du sommet, malgré des manifestations anti-françaises dispersées par la police kényane.
Sur le plan économique, Macron a annoncé 23 milliards d’euros d’investissements (dont 14 milliards français) ciblant l’énergie, le numérique ou les transports, ainsi que onze accords bilatéraux avec le Kenya (modernisation ferroviaire, port de Mombasa, parc éolien). Mais ce « partenariat renouvelé » suscite le scepticisme : pour beaucoup, il s’agit surtout d’un redéploiement économique après l’échec militaire, avec la fin des bases permanentes et le maintien de flux financiers déjà existants.




