En France, les députés refusent d’instaurer une « taxe Zucman »

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Le député Eric Coquerel, de La France Insoumise (LFI)
Le député Eric Coquerel, de La France Insoumise (LFI) et du groupe parlementaire « Nouveau Front Populaire » (NFP) et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, lève la main lors d’un débat parlementaire sur un projet de loi de finances 2026 (première partie – PLF 2026) pendant une session à l’Assemblée nationale à Paris, France. /Photo prise le 31 octobre 2025/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les députés ont rejeté vendredi les propositions visant à instaurer une « taxe Zucman » sur les hauts patrimoines en France, réclamée par la gauche, dans le cadre des débats sur le budget pour 2026.

Ces projets sont inspirés par l’économiste Gabriel Zucman, qui prône un impôt plancher de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros.

Le Parti socialiste défendait une version édulcorée de la taxe, visant les patrimoines à partir de 10 millions d’euros à un taux de 3%, hors start-up et entreprises familiales. Cette version a également été rejetée par l’Assemblée nationale alors que le PS exige d’obtenir gain de cause sur certaines de ses propositions, notamment fiscales, pour ne pas censurer le gouvernement et provoquer sa chute.

S’adressant à Sébastien Lecornu après ces votes, Boris Vallaud, patron des députés socialistes, l’a averti: « Vous faites par votre intransigeance, je le crains, le mauvais chemin. Je vous le dis monsieur le Premier ministre, il n’y a pas depuis que nous sommes dans cet hémicycle le moindre compromis. »

Mathilde Panot, cheffe de file des députés La France insoumise (LFI), a jugé devant les journalistes qu' »il n’y a absolument rien à négocier » avec le gouvernement ni le président de la République Emmanuel Macron.

« La seule solution qu’il reste face à ce pouvoir, c’est la censure de monsieur Lecornu et le départ d’Emmanuel Macron », a-t-elle dit.

A droite en revanche, on s’est dit « très content (d’avoir) fait le travail » selon les termes de Laurent Wauquiez. « On est là pour protéger les Français contre un budget socialiste d’augmentation d’impôts », a déclaré le président du groupe des députés Les Républicains aux journalistes.

Les députés ont entamé vendredi dernier l’examen de la partie recettes du budget 2026 dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, où les débats sont houleux alors que le PS laisse planer la menace d’une censure du gouvernement de Sébastien Lecornu après lui avoir permis, par son abstention, d’échapper au renversement le 16 octobre.

Le projet de budget, qui prévoit de ramener le déficit budgétaire à 4,7% du produit intérieur brut (PIB), après 5,4% en 2025, a vu son volet « recettes » rejeté en commission des Finances de l’Assemblée, mettant au jour les dissensions persistantes sur le sujet.

(Rédigé par Kate Entringer et Bertrand Boucey, édité par Zhifan Liu)

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