Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme aux États-Unis, a annoncé mardi sa démission, invoquant la guerre en Iran. Dans une lettre adressée au président Donald Trump et publiée sur X, il a affirmé que « l’Iran ne représentait aucune menace imminente » pour les États-Unis.
Il s’agit du premier responsable de haut rang au sein de l’administration Trump à quitter ses fonctions en raison du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.
« Je ne peux en toute conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace immédiate pour notre pays et il est évident que cette guerre a été déclenchée sous la pression d’Israël et de son puissant lobby », a écrit Joseph Kent.
Réponse de la Maison Blanche
La Maison Blanche a rejeté ces accusations, affirmant que la lettre contenait de « fausses affirmations ».
« Comme l’a clairement indiqué le président Trump, il disposait de preuves solides indiquant que l’Iran projetait d’attaquer les États-Unis en premier », a déclaré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche. « Ces preuves ont été recueillies auprès de multiples sources fiables. »
S’exprimant devant des journalistes, Donald Trump a estimé que cette démission était une « bonne chose », tout en qualifiant Joseph Kent de « très faible sur la sécurité ».
Joseph Kent n’a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire, pas plus que les services de Tulsi Gabbard, directrice du Renseignement national dont il dépendait.
Un partisan de l’« America First »
Joseph Kent, connu pour son engagement envers le principe « America First » et son opposition aux interventions militaires américaines à l’étranger, a surpris de nombreux responsables du renseignement par sa démission.
Proche de Tulsi Gabbard, cette dernière est restée très discrète depuis le début du conflit, ne faisant aucune déclaration officielle et n’apparaissant en public que pour le rapatriement des dépouilles de soldats américains tués en Iran.
Le conseil du renseignement national, sous l’autorité de Tulsi Gabbard, avait publié plusieurs évaluations avant et après le déclenchement des frappes, mettant en garde contre les risques d’une intervention militaire américaine contre l’Iran.
Les rapports soulignaient que le régime iranien ne s’effondrerait probablement pas et pourrait riposter contre des installations américaines dans la région et contre les alliés des États-Unis dans le Golfe.
Réactions politiques
L’opposition démocrate avait déjà critiqué Joseph Kent pour ses liens avec des personnalités d’extrême droite. Mark Warner, sénateur de Virginie et chef des démocrates au sein de la commission du renseignement, a estimé que Kent n’aurait « jamais dû être confirmé à la tête des services antiterroristes ».
« Sur ce point cependant, il a raison : il n’y avait aucune preuve crédible d’une menace imminente de la part de l’Iran justifiant que les États-Unis se précipitent dans une nouvelle guerre », a-t-il ajouté dans un communiqué.
CTV Info avec Reuters





