Téhéran maintient une position ambiguë face à la proposition américaine visant à mettre fin à la guerre dans le Golfe. Selon un haut responsable iranien interrogé mercredi par Reuters sous couvert d’anonymat, l’Iran continue d’examiner le document, malgré une première réaction jugée « négative ». À ce stade, aucune décision formelle de rejet n’aurait été arrêtée.
En public toutefois, les autorités iraniennes affichent une hostilité ferme à toute perspective de négociation avec l’administration du président américain Donald Trump, en multipliant les déclarations de rejet catégorique.
Dans les faits, l’absence de réponse officielle transmise au Pakistan, qui a relayé au nom de Washington une proposition articulée en 15 points, laisse penser que des discussions internes sont en cours au sein du pouvoir iranien.
Un responsable de la sécurité pakistanais a confirmé qu’Islamabad, après avoir transmis le document, a relancé le ministre iranien des Affaires étrangères et reste dans l’attente d’une réponse.
Un autre responsable iranien avait auparavant confirmé la réception de l’offre, évoquant la possibilité de pourparlers au Pakistan ou en Turquie si les discussions venaient à se concrétiser. Une telle médiation renforcerait considérablement le rôle diplomatique d’Islamabad sur la scène internationale.
Aucun détail n’a filtré sur le contenu exact de la proposition, ni sur son éventuelle correspondance avec le plan américain en 15 points déjà évoqué par plusieurs médias.
Marchés prudents, tensions persistantes
Les marchés financiers ont réagi avec retenue à ces signaux contradictoires. En Europe comme à Wall Street, les principaux indices ont terminé en hausse modérée mercredi, après avoir nettement réduit leurs gains enregistrés en début de séance, sur fond d’espoirs de désescalade. Les prix du pétrole, de leur côté, poursuivaient leur repli.
Selon plusieurs sources proches du gouvernement israélien, le cabinet de sécurité du Premier ministre Benjamin Netanyahu a été informé de la proposition américaine.
Celle-ci inclurait notamment le démantèlement des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran, l’arrêt de l’enrichissement, des restrictions sur le programme balistique et la fin du soutien à des groupes alliés dans la région.
Parallèlement, le Pentagone envisagerait le déploiement de milliers de parachutistes supplémentaires dans le Golfe, afin d’élargir les options militaires de Washington, en complément de forces de Marines déjà en cours d’acheminement.
Au sein même de l’appareil iranien, des divergences semblent apparaître. « Votre lutte intérieure en est-elle arrivée au point où vous négociez avec vous-mêmes ? », a lancé Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du commandement central de l’armée iranienne, rejetant toute possibilité d’accord avec les États-Unis.
Les combats se poursuivent sur le terrain
Malgré les ouvertures diplomatiques évoquées en coulisses, les hostilités ne faiblissent pas. Quatre semaines après le début du conflit, marqué par des milliers de morts et de fortes turbulences sur les marchés énergétiques mondiaux, les échanges de frappes entre l’Iran et Israël se poursuivent.
L’armée israélienne a annoncé avoir mené de nouvelles frappes contre des infrastructures à Téhéran et affirme avoir ciblé notamment deux sites de production de missiles de croisière. Des sources iraniennes font état de dégâts dans des zones résidentielles.
En Israël, les sirènes d’alerte ont de nouveau retenti mercredi, poussant les habitants à se réfugier dans des abris.
Le Koweït et l’Arabie saoudite ont également indiqué avoir intercepté des drones, sans en préciser l’origine.
De son côté, Donald Trump a affirmé mardi que des discussions étaient en cours avec « les bonnes personnes » en Iran, assurant que Téhéran manifestait une volonté « très forte » de parvenir à un accord.
CTV Info avec Reuters





