Les droits de l’homme sont menacés dans le monde entier, a averti lundi le secrétaire général des Nations unies (Onu) Antonio Guterres en citant les violations généralisées du droit international et les souffrances des civils dans les conflits au Soudan, à Gaza et en Ukraine.
« La primauté du droit est supplantée par la primauté de la force », a déclaré Antonio Guterres lors de l’ouverture du Conseil des droits de l’homme à Genève.
Les droits de l’homme sont délibérément mis à mal, a-t-il ajouté en exhortant les États membres à ne pas considérer les droits internationaux comme un menu à la carte.
Antonio Guterres a fermement défendu le système des droits de l’homme des Nations unies, qui est selon lui en « mode survie » en raison des coupes budgétaires, des attaques contre certains de ses experts et du retrait des États-Unis du bilan onusien en matière de droits de l’homme.
« Les besoins humanitaires explosent tandis que les financements s’effondrent », a averti Antonio Guterres.
Les agences des Nations unies, dont le bureau des droits de l’homme, sont confrontés à une crise budgétaire alors que les États-Unis, premier donateur de l’organisation, et d’autres pays ont décidé de réduire leurs financements.
En février, Washington a versé environ 160 millions de dollars sur les 4 milliards de dollars qu’il doit aux Nations unies, a déclaré jeudi un porte-parole de l’Onu.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a réduit de 100 millions de dollars sa demande de financement après avoir considérablement réduit ses activités dans certains domaines. Deux mécanismes d’enquête lancés en 2025, sur des crimes de guerre présumés en République démocratique du Congo (RDC) et sur des abus en Afghanistan, ne sont toujours pas opérationnels en raison d’un manque de financement.
S’exprimant également au Conseil des droits de l’homme à Genève, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a déclaré que le monde était confronté à la concurrence la plus intense pour le pouvoir et les ressources depuis la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de violations généralisées des droits humains.
Il s’est joint à Antonio Guterres pour demander instamment la fin des exactions commises dans les conflits au Soudan, à Gaza, en Birmanie et en Ukraine.
Antonio Guterres a par ailleurs déclaré que les violations flagrantes du droit international dans les territoires palestiniens occupés menaçaient la viabilité d’un État palestinien.
« La solution à deux États est en train d’être démantelée au grand jour. La communauté internationale ne peut pas permettre que cela se produise. »
(Rédigé par Olivia Le Poidevin; version française Etienne Breban, édité par Kate Entringer)





