Les négociations d’entre-deux-tours vont bon train ce lundi au lendemain d’un premier tour des élections municipales marqué par une forte abstention d’environ 43%, un émiettement des voix et une percée du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI).
A l’approche de la date limite de dépôt des listes en préfecture, mardi soir, c’est au cas par cas que se bâtissaient des stratégies visant à permettre, par exemple, à la gauche de l’emporter au prix d’un accord avec La France insoumise (LFI) voulue par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, prônée par les Ecologistes de Marine Tondelier mais rejetée par le Parti socialiste (PS) d’Olivier Faure au niveau national.
Le second tour, dimanche prochain, donnera le « la » en termes de dynamique et d’alliances à un an de l’élection présidentielle appelée à donner un successeur à Emmanuel Macron.
Malgré une campagne marquée par des polémiques – décès du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon imputé à l’extrême gauche, accusations d’antisémitisme contre Jean-Luc Mélenchon – LFI a réalisé de bons scores dans des villes comme Limoges, Lille, Paris et Marseille, s’offrant même une victoire au premier tour à Saint-Denis, commune de quelque 150.000 habitants aux portes de Paris.
A l’autre bout de l’échiquier politique, le Rassemblement national (RN) a conforté son ancrage territorial en gagnant dès dimanche à Perpignan, Beaucaire, Fréjus, Hénin-Beaumont, Cagnes-sur-Mer. Mais en perdant son pari à Lens, qui reste socialiste.
Malgré l’appel de son président, Jordan Bardella, à rassembler les « listes de droite sincère », un problème de réserves de voix se pose notamment à Toulon, où la candidate RN Laure Lavalette a remporté 42% des suffrages au premier tour.
Dans un paysage politique fracturé, le suspense était grand dans les plus grandes villes à commencer par Paris, où la liste de gauche emmenée par Emmanuel Grégoire est en ballottage favorable à 38%, loin devant celle de l’ex-ministre Les Républicains (LR) Rachida Dati (25%), soutenue par le MoDem et l’UDI.
DATI SE RAPPROCHE DE BOURNAZEL À PARIS
Face à un second tour possiblement serré, Emmanuel Grégoire a ignoré la main tendue de l’Insoumise Sophia Chikirou (11,7%), tandis que Rachida Dati s’est rapprochée du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel (11,3%), ignorant pour l’instant les appels de Sarah Knafo (Reconquête), elle aussi en mesure de se maintenir après avoir rassemblé 10,4% des voix.
« Nous allons travailler avec @pybournazel à un projet d’alternance », a écrit lundi Rachida Dati sur le réseau X.
A Marseille, le maire de gauche sortant Benoît Payan (36,7%) refuse l’offre d’alliance de l’Insoumis Sébastien Delogu (12%), au risque de favoriser le candidat RN Franck Allisio, arrivé deuxième avec 35% des voix. La liste divers droite emmenée par Martine Vassal (12,41%) pourrait faire la différence.
Bien placé pour l’emporter à Roubaix, LFI peut jouer les arbitres à Limoges, Lille ou encore Nantes, où la maire de gauche sortante Johanna Rolland est en difficulté (35,2%), talonnée par le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (33,7%).
La numéro deux du PS a lancé dès dimanche un appel « à toutes les forces de gauche, écologistes et humanistes, qui veulent préserver le modèle nantais du vivre et faire ensemble, à se mobiliser pour rendre possible la victoire », sans citer l’Insoumis William Aucant (11,2% des voix).
FUSION DES LISTES DE GAUCHE À TOULOUSE
Arrivées en seconde et troisième positions dimanche à Toulouse, les deux listes de gauche (socialiste et LFI) ont trouvé un accord pour le second tour, menaçant sérieusement le maire (divers droite) sortant Jean-Luc Moudenc.
A Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet, arrivé en tête avec plus de 37% des suffrages, profite du désistement de la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi pour espérer l’emporter face à l’ancien président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, crédité dimanche de 36,78% des voix.
Rare motif de satisfaction pour le « bloc central », l’ancien Premier ministre Edouard Philippe est en ballottage favorable (près de 44%) dans sa ville du Havre, dont la reconquête est une condition de son maintien dans la course à l’Elysée.
Lui aussi pressenti pour être candidat à la présidentielle, le président de Renaissance Gabriel Attal s’est contenté dimanche soir de rappeler le refus de son mouvement de s’allier avec les extrêmes de tous bords.
Candidat proclamé à la présidence de la République, le patron de LR Bruno Retailleau a donné, lui, comme seule consigne de s’opposer à La France insoumise.
Un choix qui laisse du champ à l’idée d’une possible « union des droites » prônée par l’ancien président de LR Eric Ciotti, en ballottage favorable à Nice. Le député désormais allié avec le RN est arrivé treize points devant le maire (Horizons) sortant, Christian Estrosi (43,4% contre 30,9%).
CTV Info avec Reuters





