Municipales 2026 à Marseille : Benoît Payan en grandissime favori

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Conférence de presse du leader LR Bruno Retailleau à Paris
Bruno Retailleau, leader du parti politique Les Républicains (LR), participe à une conférence de presse pour présenter des mesures économiques au siège du parti à Paris, France, 7 janvier 2026. REUTERS/Sarah Meyssonnier

Benoît Payan, maire socialiste de Marseille, est le grandissime favori des municipales dans sa ville, où il arriverait en tête avec 40 % des intentions de vote, contre 36 % pour Franck Allisio, selon le baromètre OpinionWay. Dans une triangulaire face à Martine Vassal et Franck Allisio, son avance serait encore plus nette, avec plus de 50 % des intentions de vote.

Marseille, qui souffre d’une image de « capitale de la drogue » que le Rassemblement national (RN) entend bien exploiter pour tenter de ravir la seconde ville de France à la gauche. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que la lutte contre la criminalité, et notamment celle liée au narcotrafic, a dominé la campagne des élections municipales.

A l’approche des scrutins des 15 et 22 mars, le maire sortant Benoît Payan (divers gauche) s’imposerait au premier tour devant le député RN des Bouches-du-Rhône et ancien sarkozyste Franck Allisio.

En cas de victoire, Franck Allisio promet de tripler le nombre de policiers municipaux, de doubler le nombre de caméras de sécurité et d’installer un poste de police dans chaque quartier afin de « redonner le sourire » aux habitants de Marseille.

« Nous sommes évidemment la narcoville, nous avons une explosion du narcotrafic et face à cela, depuis des années, depuis a minima tout le mandat du maire sortant, rien n’a été fait », déclare le député RN à Reuters.

Des accusations rejetées en bloc par le maire sortant.

« D’abord, il n’y a aucune compétence municipale qui touche le narcotrafic. Ce serait mentir aux Marseillaises et aux Marseillais, et c’est mentir en vérité aux gens de leur faire croire qu’un maire a le moindre pouvoir sur la question du narcotrafic », dit Benoît Payan à Reuters, qui plaide pour sa part pour des moyens spécifiques alloués par l’Etat et promet de doubler à nouveau les effectifs de la police municipale.

« L’extrême droite, elle joue sur les peurs. Sur la question de la sécurité, ce qu’elle propose c’est à peu près rien ou des choses qui sont absolument irréalisables. »

Benoît Payan a pour colistier le militant anti-drogue Amine Kessaci, 22 ans, qui a perdu deux frères dans des meurtres liés au narcotrafic et qui mène campagne sous haute protection policière.

« On va répondre face au narcotrafic, avec de la santé, avec de l’éducation, avec des transports, avec du logement », indique le jeune militant à Reuters.

« On veut nous vendre que Marseille, c’est la ville de la drogue, mais en fait, il se passe la même chose partout. »

« CHOIX HISTORIQUE »

Selon les données officielles, la criminalité globale a reculé de 4,1% à Marseille l’an dernier par rapport à 2024, et les données de la police indiquent que les meurtres liés à la drogue ont diminué après un pic en 2023.

« La vague d’assassinats de 2023 a été décrite comme inédite. C’est faux, si l’on compare par exemple avec les années 80 », explique Claire Duport, sociologue à l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives.

La criminalité liée au trafic de drogue a toutefois évolué, passant de règlements de comptes à des attaques plus aveugles qui ont choqué la population, ajoute-t-elle.

« De ce point de vue-là, le sentiment d’insécurité est très légitime. Il n’est simplement pas représentatif de ce qui se passe de manière plus large. »

Pour Marie-Hélène Martin, 47 ans et supportrice de longue date du RN, Marseille est « insécuritaire au possible ».

« Je trouve que ça fait des années que c’est comme ça, mais c’est une inquiétude de plus en plus grande », ajoute cette professeure des écoles qui dit avoir convaincu son père et sa soeur d’aller voter pour le parti à la flamme pour la première fois.

À La Busserine, l’un des quartiers du nord de la ville les plus touchés par la violence liée à la drogue, certains habitants s’irritent de la rhétorique du RN.

« C’est toujours l’extrême droite qui mène le débat (…) Tout ce qu’ils savent dire, c’est sécurité, sécurité, sécurité », regrette Fadella Ouidef, bénévole au centre social du quartier et mère de quatre enfants.

« Si l’extrême droite passe, ça va être dramatique pour nous (…) Les aides aux associations, les centres sociaux etc, ça ne sera pas la priorité. »

Une victoire du RN dans la capitale phocéenne constituerait une prise de choix pour le parti d’extrême droite avant le scrutin présidentiel de 2027 pour lequel, sondages à l’appui, il ne cache pas ses ambitions. Franck Allisio le reconnaît volontiers.

« Ma priorité, c’est Marseille (…) Mais évidemment que si les Marseillais font un choix courageux, quelque part, ils rendent service à leur pays. Car au lendemain d’un choix courageux des Marseillais, d’un choix historique pour Marseille, eh bien ça donnera du courage et ça éclairera les Français pour le choix qu’ils feront l’an prochain. »

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