L’Afghanistan et le Pakistan ont entamé un nouveau cycle de négociations en Chine, dans une tentative de mettre un terme aux affrontements les plus meurtriers entre les deux pays depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021, ont indiqué mercredi plusieurs sources concordantes.
À l’initiative de Pékin, des délégations issues des ministères des Affaires étrangères et de la Défense des deux États se sont réunies à Ouroumtsi, dans le nord-ouest chinois. La Chine, qui cherche à s’imposer comme un acteur clé de la médiation régionale, espère favoriser un apaisement durable entre Kaboul et Islamabad.
Ces discussions interviennent dans un contexte diplomatique particulier, marqué par la visite à Pékin du ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar. Ce dernier est venu solliciter l’appui chinois à une initiative d’Islamabad visant à promouvoir un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran.
Pour l’heure, ni le ministère pakistanais des Affaires étrangères ni les autorités afghanes n’ont officiellement réagi à ces pourparlers.
Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées depuis les frappes aériennes menées fin février par Islamabad contre des positions talibanes.
Le Pakistan accuse le régime de Kaboul de tolérer la présence sur son sol de groupes armés, notamment le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) et l’organisation État islamique, qui mèneraient des attaques sur son territoire. Des accusations rejetées par les talibans, qui estiment que ces violences relèvent d’un problème interne au Pakistan.
Selon les sources, les discussions en cours portent notamment sur l’instauration d’un cessez-le-feu et la réouverture des postes-frontières, essentiels pour le commerce et la circulation des personnes. « Nos hauts dirigeants ont donné leur accord et décidé de participer au processus », a confié un responsable taliban sous couvert d’anonymat.
Malgré ces efforts, les tensions restent vives sur le terrain. Des échanges de tirs ont été signalés cette semaine, peu après l’expiration d’une trêve temporaire observée à l’occasion de l’Aïd.
Cette pause, obtenue grâce à la médiation de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie saoudite, a pris fin après une riposte pakistanaise à ce qu’Islamabad a qualifié d’attaque en provenance d’Afghanistan.
À ce stade, Kaboul n’a pas précisé si le cessez-le-feu demeure en vigueur de son côté.
Ces nouvelles tentatives de médiation chinoise interviennent alors que d’autres acteurs régionaux, notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie, déjà impliqués dans de précédentes négociations, sont également mobilisés sur d’autres fronts diplomatiques liés aux tensions croissantes au Moyen-Orient.
CTV Info avec Reuters





