La Fed tient bon face à la tempête, mais Wall Street ne croit plus à la baisse des taux

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Le bâtiment de la Réserve fédérale à Washington
Le bâtiment de la Réserve fédérale à Washington, D.C., États-Unis. /Photo prise le 14 novembre 2025/REUTERS/Elizabeth Frantz

La Réserve fédérale américaine a maintenu mercredi ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, anticipant une poussée inflationniste liée à la flambée du pétrole sans pour autant renoncer à une baisse d’un quart de point d’ici la fin de l’année. Une posture d’attente qui n’a pas convaincu les marchés, Wall Street terminant la séance en nette baisse malgré un bref sursaut après la publication du communiqué.

 

La banque centrale américaine a choisi la prudence, à onze voix contre une, maintenant le cap d’une seule réduction du loyer de l’argent en 2026 tout en relevant sa prévision d’inflation à 2,7 % pour la fin de l’année, contre 2,4 % anticipés en décembre. Jerome Powell a reconnu sans détour que la guerre au Moyen-Orient pesait sur les perspectives, estimant qu’à court terme la hausse des prix de l’énergie se répercuterait mécaniquement sur l’inflation globale, sans qu’il soit encore possible d’en mesurer l’ampleur ni la durée. Interrogé sur le spectre d’une stagflation comparable à celle des années 1970, le président de la Fed a balayé la comparaison, jugeant que l’inflation actuelle, à peine un point au-dessus de l’objectif fixé par l’institution, et un chômage stable à 4,4 % ne justifiaient pas un tel qualificatif : « Je réserverais ce terme à des circonstances beaucoup plus graves », a-t-il tranché.

Les marchés financiers ont pourtant livré leur propre verdict, bien moins serein. Les indices new-yorkais ont clôturé en recul marqué ( le Dow Jones cédant 1,64 %, le S&P 500 perdant 1,36 % et le Nasdaq reculant de 1,45 % ), les pertes s’accélérant au fil de la conférence de presse de Powell. Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor à dix ans grimpait de 6,5 points de base, tandis que le deux ans, baromètre des anticipations de taux, bondissait de plus de dix points. Les contrats à terme sur taux courts traduisent désormais une confiance très entamée des investisseurs dans la perspective d’un assouplissement monétaire cette année, le dollar profitant de ce regain d’incertitude pour s’affermir face aux autres grandes devises.
En marge de la décision sur les taux, Powell a également abordé deux dossiers qui agitent Washington. Sur la question de sa succession ( son mandat de président expire en mai prochain et Donald Trump l’a régulièrement menacé de limogeage ), il a indiqué qu’il assurerait l’intérim à la tête de l’institution jusqu’à la confirmation de son successeur, conformément à ce que prévoit la loi. Sur les droits de douane, dont la Cour suprême a annulé le mois dernier les versions « réciproques » imposées par l’administration Trump, il a appelé à l’humilité, reconnaissant qu’il restait difficile d’évaluer à quelle vitesse ces mesures se répercuteraient sur l’ensemble de l’économie américaine.

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