En visite en Guinée équatoriale, le pape Léon XIV a vivement dénoncé mercredi les fortes inégalités sociales dans ce pays pétrolier d’Afrique centrale, à l’occasion de la dernière étape de sa tournée africaine et de la première visite pontificale dans le pays depuis 1982.
Lors d’une messe célébrée dans la basilique de l’Immaculée Conception à Bata, plus grand édifice religieux de la région, le souverain pontife a exhorté les fidèles à « servir le bien commun plutôt que les intérêts privés », en appelant à une réduction du fossé entre riches et pauvres.
La Guinée équatoriale, dirigée depuis 1979 par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est régulièrement critiquée par des organisations de défense des droits humains pour son caractère autoritaire. Le pays, pourtant riche en ressources pétrolières, entretient des relations diplomatiques apaisées avec plusieurs partenaires internationaux, dont les États-Unis, avec lesquels il a récemment conclu un accord sur l’accueil de personnes expulsées.
Selon le Vatican, environ 100 000 personnes ont assisté à la messe, à l’intérieur et aux abords de la basilique, en présence notamment du président équato-guinéen et de son fils, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit « Teodorin ».
La visite du pape intervient dans un contexte de fortes attentes de la société civile. Plusieurs organisations et militants espéraient voir le souverain pontife évoquer la situation des personnes expulsées des États-Unis vers la Guinée équatoriale.
Un collectif d’une soixantaine d’ONG avait adressé, en amont de la visite, une lettre ouverte appelant à garantir un « traitement juste, humain et conforme au droit international » pour ces personnes, dénonçant des pressions présumées visant à les renvoyer vers leurs pays d’origine.
Le programme du pape comprenait également la visite d’une prison de haute sécurité, où des organisations de défense des droits humains affirment que des prisonniers politiques seraient détenus dans des conditions difficiles.
Lors de son homélie, Léon XIV a par ailleurs dénoncé les conditions de détention dans le pays, évoquant des prisonniers « souvent contraints de vivre dans des conditions d’hygiène et sanitaires préoccupantes ».
Le souverain pontife poursuit ainsi une tournée africaine marquée par des prises de position fermes sur la guerre, l’autoritarisme et les inégalités sociales.
CTV Info avec Reuters





