Groenland: Paris et Berlin travaillent à une « réponse » européenne

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Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen
Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, participe au sommet de la Communauté politique européenne à Copenhague, au Danemark./Photo prise le 2 octobre 2025/Ida Marie Odgaard/Ritzau Scanpix via REUTERS

La France et l’Allemagne travaillent avec leurs partenaires européens à l’élaboration d’une réponse commune aux ambitions des Etats-Unis envers le Groenland, ont déclaré mercredi le chef de la diplomatie française et une source gouvernementale allemande.

Le Premier ministre du Groenland a demandé dans la nuit de dimanche à lundi au président américain Donald Trump de mettre en sourdine ses velléités d’annexion de l’île, alors que le Danemark et l’Union européenne ont réaffirmé le principe de la souveraineté des peuples.

Après le coup de force de l’armée américaine au Venezuela, Donald Trump a réitéré son ambition d’annexer le Groenland, présentant le contrôle du territoire autonome danois comme indispensable à la sécurité nationale des États-Unis.

« Ça suffit ! », lui a répondu le chef du gouvernement du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, dans un post publié sur Facebook dimanche soir. « Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d’annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international. »

A Donald Trump qui a réitéré, dans le sillage de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas par les forces spéciales américaines, sa volonté d’annexer le territoire autonome danois, le chef de la diplomatie française a répété sur France Inter que « le Groenland n’est pas à vendre et appartient aux Groenlandais ».

« Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (…) au Quai d’Orsay pour nous préparer à riposter », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, ajoutant que le sujet serait au menu de ses discussions programmées dans la journée avec ses homologues allemand et polonais, dans le format dit « Weimar ».

« Face à ces marques d’intimidation, nous voulons agir, mais agir avec nos partenaires européens », a expliqué Jean-Noël Barrot.

Une source gouvernementale allemande a confirmé que Berlin « travaillait étroitement avec d’autres pays européens et le Danemark » à ce sujet.

Plusieurs dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, ont marqué mardi leur soutien au Danemark et au Groenland, soulignant qu’ils étaient seuls maîtres de leur avenir face aux visées expansionnistes des Etats-Unis.

Selon un communiqué diffusé mardi par la Maison blanche, « Donald Trump et son équipe examinent une série d’options pour poursuivre cet objectif important de politique étrangère, et bien sûr, l’utilisation de l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef ».

Jean-Noël Barrot a laissé entendre sur France Inter que l’hypothèse d’une intervention militaire avait été écartée par le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.

« Moi-même j’étais hier au téléphone avec le secrétaire d’État (…), il a écarté qu’on puisse imaginer que se produise au Groenland ce qui vient de se produire au Venezuela », a-t-il dit.

L’île autonome danoise, riche en ressources minières, qui compte 57.000 habitants, est considérée par Donald Trump comme un objectif stratégique de sécurité nationale. Elle est liée depuis des décennies aux Etats-Unis par un accord de défense.

(Benjamin Mallet et Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)

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