Éric Ciotti exhorte les députés à écouter leur conscience

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Éric Ciotti

Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président de l’Union des droites pour la République (UDR) à l’Assemblée nationale, a exhorté les députés LR à voter la censure du gouvernement, contre la consigne de Bruno Retailleau. « Je leur dis d’écouter leur conscience et de ne pas être guidé par la peur. Ils savent ce que veulent leurs électeurs », a invité l’ancien président de LR qui a déclaré qu’il voterait la motion déposée par La France insoumise et celle du Rassemblement national.

Transcription:

Ce matin, la représentation nationale doit faire un choix, difficile et courageux, qui engage l’avenir de notre nation tout entière.
Oui, nous devons choisir entre la continuité d’un pouvoir usé jusqu’à la corde, sans cap et sans légitimité, et le sursaut de la vérité et du courage ; choisir ou non d’effacer le macronisme ; choisir ou non de mettre fin aux souffrances des Français ; choisir ou non de mettre fin à l’immigration de masse et à l’ensauvagement de notre société ; choisir ou non de stopper la spirale infernale des 3 400 milliards de dette et du record mondial des impôts, comme le rappelait récemment le Fonds monétaire international (FMI), qui dénonçait la gestion calamiteuse du président Macron et prévoyait qu’à l’horizon 2030, la dette française dépasserait celle de la Grèce –⁠ voilà le résultat de votre gestion ! Enfin, choisir ou non de sauver nos services publics et de protéger nos concitoyens les plus fragiles.

Le président des Républicains (LR), Eric Ciotti, au Congrès des maires, à Paris, France. /Photo prise le 21 novembre 2023/REUTERS/Sarah Meyssonnier

Avec le groupe Union des droites pour la République, nous avons déposé cette motion de censure, aux côtés de Marine Le Pen et du groupe Rassemblement national. Non par calcul, mais par conviction ; parce que nous croyons que la France mérite mieux que la survie d’un système qui s’effondre.
Depuis huit ans, les Français regardent un pouvoir qui promet la réforme mais ne fait que livrer la confusion ; qui parle d’autorité mais pratique la faiblesse ; qui prétend incarner la modernité mais ressuscite les inepties d’une gauche qui aura fait tant de mal à la France.
Ce dernier gouvernement n’est pas celui du redressement, c’est celui du renoncement. Il n’a pas de majorité, pas de vision, pas de légitimité. Il n’a qu’un seul maître, qu’un seul guide, qu’une seule boussole : la peur –⁠ la peur du peuple français, la peur des urnes. Nous, ici, représentants de la coalition des patriotes amoureux de la France –⁠ cette coalition qu’attendent les Français –, nous n’avons pas peur.
En homme de droite représentant les aspirations de millions de Français, je censurerai avec détermination votre gouvernement fantoche. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Je le fais sans hésitation, sans état d’âme, sans ambiguïté, pour une raison simple, évidente pour tous les Français : votre politique est tout simplement socialiste.
Oui, je censurerai un gouvernement socialiste dont M. Hollande est devenu le vice-premier ministre, un gouvernement otage du Parti socialiste, un gouvernement prisonnier d’Olivier Faure, qui vous tient, qui vous contraindra, qui vous dicte déjà votre ligne. Aujourd’hui, ils vous ont imposé de reculer sur la réforme des retraites –⁠ nous verrons ce qu’il en adviendra –, le seul totem du macronisme, que vous avez bradé à la sauvette. Demain, ils vous imposeront la taxe Zucman (Sourires et exclamations sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS), le retour de la taxe à 75 %, des impôts, des taxes, des normes, des règlements, et vous céderez ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) À genoux, pour survivre piteusement, vous céderez sur tout.
Vous céderez sur les impôts, sur les dépenses, sur la dette, sur l’immigration, sur la sécurité. Déjà, le ministre de l’intérieur conteste pudiquement qu’il y ait une submersion migratoire, alors que notre pays a accueilli l’année dernière près de 550 000 étrangers. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Je censurerai un gouvernement socialiste et son budget qui incarne la recette immuable du socialisme : toujours plus de dépenses –⁠ 30 milliards –, toujours plus de dette –⁠ 77 milliards d’intérêts de la dette –, toujours plus d’impôts –⁠ au moins 19 milliards.
Ce budget, c’est la fuite en avant d’un gouvernement qui ne sait plus produire, qui punit l’effort, qui dévalorise le travail, qui décourage l’investissement, qui alourdit la fiscalité et qui étouffe la compétitivité. Je censurerai ce gouvernement car nous combattons sa philosophie selon laquelle la France se maintient par la redistribution et non par le travail, par la dépendance et non par la liberté, par la dépense et non par la responsabilité. Mais ce gouvernement traduit en quelque sorte le retour aux sources du macronisme. Oui, vous revenez aux origines. Rappelons-le, Emmanuel Macron fut l’homme lige de François Hollande –⁠ son secrétaire général à l’Élysée, puis son ministre de l’économie – avant, certes, de le trahir. (M. Pierre Pribetich s’exclame.) Derrière l’opportunisme, ce pouvoir, en réalité, n’a jamais cessé d’être celui de la gauche camouflée, cachée sous les habits d’un prétendu nouveau monde. (M. Benjamin Lucas-Lundy s’esclaffe.) Vous avez berné les Français. Certains ont cru naïvement à la promesse du « en même temps », mais ce dépassement a fini par tourner à la confusion. Cette confusion, à présent, se traduit par la compromission et par le chaos. Nous censurerons car nous croyons à la liberté, à l’identité, à l’autorité, à la responsabilité, à la souveraineté, au mérite, au travail, toutes ces valeurs que vous avez renoncé à défendre (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN), et parce que nous savons qu’on ne redresse pas la France avec les idées de ceux qui l’ont terriblement affaiblie, abaissée, dégradée.
J’en appelle à tous ceux qui aiment la France : votez cette motion de censure, au-delà des partis, au-delà des consignes, au-delà des intérêts personnels. N’ayez pas peur !
N’ayez pas peur du jugement des Français ! Ne sacrifiez pas la France à la survie d’un système politique déjà mort. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Comme en 1958, l’heure du courage a sonné. Ne sacrifiez pas les Français à la survie d’un président déchu qui a trahi la patrie.
Je m’adresse en particulier aux députés du groupe Droite républicaine –⁠ même si leurs bancs sont quasi intégralement vides, cher Pierre Cordier. (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Voilà ce que représente désormais la famille politique que j’ai eu l’honneur de présider, qui fut l’héritière du général de Gaulle : elle est absente au rendez-vous des Français ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Malgré leur absence, je m’adresse, par l’intermédiaire de Pierre Cordier, qui a le courage d’être là (Applaudissements sur quelques bancs des groupes UDR et RN), à mes amis Les Républicains : n’écoutez pas votre peur. Je la connais, je l’ai connue ; ne l’écoutez pas. Ne cédez pas aux menaces, aux coups de menton, aux calculs à la petite semaine, aux tentatives de déstabiliser les uns pour valoriser les autres. Écoutez les Français, écoutez vos électeurs, écoutez vos sympathisants, écoutez surtout la France, qui vous demande d’arrêter ce désastre et de la sauver avec nous. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Refuser la censure, c’est gagner peut-être quelques semaines sous la tutelle de M. Olivier Faure, un hypothétique et court répit avant une dissolution inéluctable ; mais refuser la censure, c’est perdre, avec certitude et définitivement, la confiance de ceux qui vous ont donné mandat pour les représenter et pour les protéger. Les menaces, la peur, ne vous sauveront pas ; l’union, oui ! Empruntez le chemin courageux de l’union comme je l’ai fait l’année dernière : censurez. (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Ne vous compromettez pas dans le soutien à ce gouvernement. N’avalez pas cette couleuvre, ce boa, cet alligator rose ! (Sourires.) Aucun électeur de droite ne vous le pardonnerait. Avec nous, osez le courage ! Censurez ; pas pour vous, mais pour la France. (Les députés des groupes UDR et RN se lèvent pour applaudir et acclamer l’orateur.)

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