En Tunisie, Noureddine Taboubi démissionne avant une grève nationale

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Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, lors d’une manifestation à Tunis
Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, lors d’une manifestation près du bureau du Premier ministre à Tunis, en Tunisie. /Photo prise le 2 mars 2024/REUTERS/Jihed Abidellaoui

Noureddine Taboubi, secrétaire général du syndicat le plus puissant de Tunisie, a démissionné mardi, ont déclaré des sources syndicales, un mois avant une grève nationale prévue contre la répression croissante du président Kaïs Saïed à l’égard des opposants.

Le départ de Noureddine Taboubi pourrait affaiblir l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), principal syndicat de Tunisie, qui est largement considérée comme le dernier bastion solide de la société civile démocratique dans ce pays d’Afrique du Nord. L’UGTT n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.

L’organisation syndicale, qui compte un million d’adhérents et a joué un rôle clé dans la transition démocratique de la Tunisie après 2011, après des décennies de dictature, a vivement critiqué la dérive autoritaire accélérée de Kaïs Saïed.

L’UGTT a appelé à une grève nationale le 21 janvier, la première depuis que Kaïs Saïed a accaparé tous les pouvoirs, afin de protester contre la répression croissante et de réclamer des négociations salariales.

Les opposants de Kaïs Saïed estiment que les arrestations de dirigeants de l’opposition, de membres de la société civile et de journalistes illustrent le tournant autoritaire pris par le président depuis qu’il s’est arrogé des pouvoirs extraordinaires en 2021 pour gouverner par décret.

Kaïs Saïed a déclaré avoir élargi ses pouvoirs pour éradiquer la corruption endémique et la mauvaise gestion. L’opposition a qualifié cette action de coup d’État.

L’inflation élevée, les pénuries de certains produits de base et la faiblesse des services publics ont également alimenté le mécontentement et conduit à une vague de manifestations dans les rues.

(Reportage Latifa Guesmi, version française Elena Smirnova, édité par Kate Entringer)

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