Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que la figure de l’opposition iranienne Reza Pahlavi « semble très sympathique », exprimant toutefois des doutes quant sa capacité à rassembler des soutiens dans le pays pour prendre le pouvoir.
Dans une interview exclusive accordée à Reuters dans le Bureau ovale de la Maison blanche, Donald Trump s’est exprimé sur des questions comme la situation en Iran, le conflit ukrainien et l’enquête visant le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell.
Donald Trump a notamment estimé qu’il existait une possibilité de voir le régime clérical s’effondrer Iran en raison de la crise à laquelle il est confronté.
Le locataire de la Maison blanche a menacé à plusieurs reprises d’intervenir pour soutenir les manifestants en Iran, où des milliers de personnes auraient été tuées lors de la répression du mouvement de contestation.
Il s’est toutefois montré réticent mercredi à apporter un soutien total à Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran renversé en 1979 qui cherche à s’imposer comme le leader de la contestation en cours.
« Il semble très sympathique, mais je ne sais pas comment il se comporterait dans son propre pays », a déclaré Donald Trump. « Et nous n’en sommes pas encore là. »
« Je ne sais pas si son pays accepterait ou non son leadership. Si c’était le cas, je m’en réjouirais. »
Donald Trump, qui termine la première année de son second mandat, s’est assis derrière son imposant « Resolute Desk » et a siroté un Coca-Cola pendant les 30 minutes de l’entretien.
Le président américain, qui a brandi un épais dossier dont il a dit qu’il contenait ses réussites accomplies depuis son retour à la Maison blanche, s’est toutefois efforcé de modérer les attentes des républicains avant les élections de mi-mandat prévues en fin d’année.
Donald Trump a notamment fait remarquer que le parti au pouvoir perdait souvent des sièges deux ans après une élection présidentielle.
« Lorsque vous remportez la présidence, vous ne gagnez pas les élections de mi-mandat », a-t-il déclaré. « Mais nous allons nous efforcer de les gagner. »
« ZELENSKY », PRINCIPAL OBSTACLE À UN ACCORD
Donald Trump, qui tente depuis son retour à la Maison blanche en janvier 2025 de mettre fin à la guerre en Ukraine, a déclaré que le président ukrainien Volodimir Zelensky était le principal obstacle à une résolution du conflit.
« Je pense qu’il est prêt à conclure un accord », a dit Donald Trump au sujet du président russe Vladimir Poutine. « Je pense que l’Ukraine y est moins disposée. »
A la question de savoir pourquoi les négociations menées par les Etats-Unis n’étaient pas encore parvenues à résoudre le conflit, qui dure depuis près de quatre ans, Donald Trump a répondu: « Zelensky. »
Donald Trump a souvent critiqué tant le président russe que le président ukrainien, mais il a de nouveau montré une certaine frustration à l’égard de Volodimir Zelensky.
Il s’est dit prêt à rencontrer le dirigeant ukrainien la semaine prochaine en marge du Forum économique mondial (FEM) à Davos, en Suisse, suggérant toutefois qu’aucune préparation n’avait été faite en ce sens.
« J’y serais prêt, s’il est là », a dit Donald Trump. « J’y serai. »
LE LIMOGEAGE DE POWELL PAS PRÉVU
Donald Trump a déclaré qu’il ne prévoyait pas de limoger le président de la Fed, Jerome Powell, ajoutant qu’il était toutefois « trop tôt » pour dire exactement ce qu’il ferait.
« Je ne prévois pas de le faire », a-t-il dit à Reuters.
Jerome Powell, a déclaré dimanche que l’administration du président Donald Trump l’a menacé de poursuites pénales en lien avec l’une des auditions qu’il a effectuées l’été dernier devant le Congrès à propos des rénovations du siège de la banque centrale.
L’enquête pénale de l’administration américaine porte officiellement sur la rénovation du siège de la Fed, mais Jerome Powell estime qu’il s’agit d’un « prétexte » pour accroître l’influence de la Maison blanche sur la banque centrale afin qu’elle abaisse davantage ses taux directeurs alors que les élections de mi-mandat sont prévues à la fin de l’année.
Jerome Powell a été nommé à la tête de la Fed en 2018 par Donald Trump, lors du premier mandat présidentiel de ce dernier, avant d’être confirmé à son poste par Joe Biden. Son mandat actuel doit prendre fin en mai prochain.
LES PARLEMENTAIRES RÉPUBLICAINS « DEVRAIENT ÊTRE LOYAUX »
Le locataire de la Maison blanche a rejeté les déclarations des sénateurs républicains qui se sont engagés à bloquer la nomination des candidats que Donald Trump proposerait pour la présidence de la Fed, estimant que le département de la Justice interfère avec l’indépendance de la banque centrale en enquêtant sur Jerome Powell.
« Je m’en fiche. Il n’y a rien à dire. Ils devraient être loyaux », a-t-il dit des parlementaires républicains.
Donald Trump a également balayé les critiques formulées par le directeur général de JPMorgan Jamie Dimon, qui a déclaré que l’ingérence du président dans les affaires de la Fed pourrait faire grimper l’inflation.
« Je me fiche de ce qu’il dit », a déclaré Donald Trump.
(Avec Trevor Hunnicutt; version française Camille Raynaud)





