L’embrasement du Moyen-Orient, consécutif aux bombardements israéliens et américains contre l’Iran lancés samedi dernier, déborde désormais sur les terrains de sport. Fermetures d’espaces aériens, alertes sécuritaires et incertitudes logistiques perturbent le calendrier de plusieurs compétitions internationales.
Jeux paralympiques d’hiver sous tension
À quelques jours de l’ouverture des Jeux paralympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, prévue vendredi en Italie, le Comité international paralympique (CIP) s’active en coulisses. Dans un communiqué publié mardi, l’instance indique rechercher des solutions pour permettre aux délégations affectées par les restrictions aériennes au Moyen-Orient de rejoindre la péninsule italienne à temps. « Les fermetures d’espaces aériens impactent l’arrivée de certains participants », précise le CIP, qui assure travailler étroitement avec le comité d’organisation.
Tournoi de tennis annulé à Fujaïrah
Aux Émirats arabes unis, l’ATP Challenger de Fujaïrah, programmé du 2 au 8 mars, a été annulé après une alerte sécuritaire. Mardi, un drone intercepté par la défense anti-aérienne de l’émirat a explosé et a provoqué un incendie dans la zone industrielle, où se trouve une importante unité de stockage de produits pétroliers raffinés. Les matches ainsi ont été interrompus brutalement avant l’annonce de l’annulation.
Football à l’arrêt en Iran et dans le Golfe
En Iran, tous les événements sportifs sont suspendus jusqu’à nouvel ordre, y compris le championnat national de football, la Coupe du Golfe Persique. Au Qatar, la fédération locale a reporté sine die l’ensemble des matches prévus, en laissant planer l’incertitude sur la rencontre amicale Espagne-Argentine programmée, le 27 mars à Doha. Même décision à Bahreïn, où le championnat national est à l’arrêt. Sur le plan continental, les huitièmes de finale de la Ligue des champions Elite de la Confédération asiatique de football (AFC), initialement prévus lors des deux premières semaines de mars, sont reportés, tout comme les quarts de finale de la Ligue des champions 2 de l’AFC.
Des tennismen bloqués à Dubaï
Les retombées du conflit affectent également les joueurs. Les Russes Daniil Medvedev et Andrey Rublev, récemment engagés dans un tournoi à Dubaï, peinent à quitter les Émirats arabes unis. Leur participation au Masters 1000 d’Indian Wells, en Californie, dont le coup d’envoi est prévu mercredi, reste incertaine. L’ATP affirme suivre la situation de près.
Incertitudes en Formule 1 et en endurance
Dans le sport automobile, la prudence est de mise. Mohammed Ben Sulayem, président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), a indiqué lundi que « la sécurité et le bien-être » guideraient les décisions concernant les Grands Prix de Formule 1 de Bahreïn (12 avril) et d’Arabie saoudite (19 avril). L’instance dit rester en contact étroit avec les promoteurs et les équipes. Le championnat du monde d’endurance (WEC) n’est pas épargné : la course « Qatar 1812km », prévue le 28 mars sur le circuit international de Losail, sera reprogrammée plus tard dans l’année.
Une championne indienne contrainte au forfait
Enfin, la joueuse indienne de badminton PV Sindhu, double médaillée olympique, a dû renoncer à l’All England Open (3-8 mars). Restée bloquée plusieurs jours à l’aéroport de Dubaï, elle est rentrée mardi en Inde, mettant un terme prématuré à ses ambitions dans le prestigieux tournoi britannique. Du tennis au football, en passant par la Formule 1 et les Jeux paralympiques, le conflit régional impose désormais son tempo au sport mondial, rappelant combien les grandes compétitions restent tributaires des équilibres géopolitiques.
CTV Info avec Reuters





