La ministre chargée des Comptes publics Amélie de Montchalin a été officiellement nommée mercredi à la tête de la Cour des comptes pour succéder à Pierre Moscovici.
Sa nomination par le président Emmanuel Macron a été confirmée en conseil des ministres sera effective le 23 février, a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon lors du compte rendu du conseil des ministres.
Amélie de Montchalin, 40 ans, devient ainsi la première femme à occuper le poste de Première présidente de la Cour des comptes, chargée de contrôler les finances publiques du pays.
Sa nomination, avancée dans la presse ces derniers jours, a suscité de nombreuses critiques dans l’opposition.
« Jamais une personne six mois auparavant ministre des Comptes publics n’a donné à l’automne un avis sur le budget qu’elle a elle-même préparé. Difficile d’être davantage juge et partie », a dénoncé mardi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le député La France insoumise (LFI) Eric Coquerel.
La présidente du groupe Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a fustigé sur X « une énième preuve de la dérive illibérale d’un régime agonisant, prêt à toutes les transgressions éthiques pour placer ses fidèles et perturber la future alternance démocratique ».
« Nommer une ministre en exercice à la tête de la Cour des comptes, c’est transformer une autorité de contrôle en annexe du pouvoir », ont dénoncé de leur côté les Républicains (LR) sur X mardi. « Comment croire à l’impartialité d’une institution chargée de juger un budget conçu par celle qui la dirige ? », ont-ils ajouté.
La porte-parole du gouvernement a assuré que sa nomination ne posait « pas de conflit d’intérêts ». L’entourage d’Emmanuel Macron a qualifié les critiques visant cette nomination de « totalement infondées » et jugé dangereux que « des partis républicains remettent en cause une prérogative du président ».
(Rédigé par Blandine Hénault et Kate Entringer, avec Elizabeth Pineau et Zhifan Liu)





