Le président ivoirien Alassane Ouattara a été largement réélu pour un quatrième mandat, selon les résultats provisoires annoncés lundi par la commission électorale.
Le chef d’Etat de 83 ans remporte 89,77% des suffrages d’un scrutin qui a été marqué par l’inéligibilité de deux candidats : le prédécesseur d’Alassane Ouattara à la présidence, Laurent Gbagbo, et l’ancien directeur général de Credit Suisse, Tidjane Thiam.
Ce dernier a dénoncé une élection « marquée par une faible participation » qui s’est déroulée dans un « climat de peur » dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
Le taux de participation s’est établi à 50% environ, comparable aux dernières élections présidentielles de 2015 et 2020.
Depuis la guerre qui a éclaté à la suite de l’élection présidentielle de 2010, lors de laquelle Laurent Gbagbo n’a pas souhaité reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, beaucoup d’Ivoiriens se sont éloignés de la politique, selon Rinaldo Depagne, vice-directeur du programme Afrique à l’International Crisis Group.
« Les gens disent qu’ils n’ont aucun futur avec la politique, où ils n’imaginent pas que la politique puisse apporter un changement positif au pays. »
L’ancienne première dame du pays, Simone Gbagbo, qui a recueilli 2,42% des voix, a concédé sa défaite lundi, appelant le président Ouattara pour le féliciter de sa victoire, a-t-on appris d’une source.
Autre candidat à l’élection présidentielle, l’ancien ministre ivoirien du Commerce Jean-Louis Billon a reconnu dès dimanche sa défaite face à Alassane Ouattara. Il a remporté 3,09% des suffrages.
Les résultats doivent être validés par le Conseil constitutionnel dans les prochains jours.
Après une réélection contestée en 2020, Alassane Ouattara avait dit qu’il ne se représenterait pas à l’issue de son mandat, avant de changer d’avis en janvier dernier.
Lors de l’annonce de sa candidature au mois de juillet, Alassane Ouattara a déclaré qu’un quatrième mandat serait un mandat de « transmission générationnelle ».
(Reportage de Robbie Corey-Boulet ; version française Zhifan Liu, édité par Benjamin Mallet)





