Drame à Gaza : Un nourrisson de six mois et ses parents tués lors d’une frappe israélienne

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un camp de réfugiés surpeuplé du centre de la bande de Gaza

Une frappe aérienne israélienne sur un camp de réfugiés surpeuplé du centre de la bande de Gaza a coûté la vie à trois membres d’une même famille, dont un nourrisson de six mois, le dimanche 24 mai, selon les autorités sanitaires palestiniennes et des témoins. Cette attaque, survenue malgré un cessez-le-feu officiel en vigueur, met en lumière la fragilité de la trêve et la spirale de violence qui continue de déchirer l’enclave.

« Le missile est tombé sur son lit »

 Les secouristes ont identifié les victimes comme Mohammad Abu Mallouh (le père), Alaa Zaqlan (la mère), et leur fils Osama, âgé de seulement six mois. Leur appartement situé dans le camp de réfugiés de Nuseirat a été soufflé par un missile israélien alors que la famille dormait.

À la morgue de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa à Deir Al-Balah, les proches se sont rassemblés, en larmes, autour des corps enveloppés dans des linceuls blancs.

La grand-mère du nourrisson, Umm Hamza Abu Mallouh, a livré un témoignage déchirant : « Un homme dormait avec sa femme et leur fils de six mois. La roquette est tombée sur son lit et l’a emporté, lui, sa femme et son fils, laissant derrière eux six petites filles. »

Yehia Abu Mallouh, frère de la victime, a affirmé n’avoir reçu aucun ordre d’évacuation ou avertissement préalable, contrairement aux pratiques israéliennes récentes qui consistent à alerter les civils avant les frappes.

« Nous avons découvert que la maison de mon frère avait été prise pour cible alors qu’il dormait paisiblement. Le but du cessez-le-feu est censé être la paix, mais l’ennemi les a pris par surprise pendant la nuit », a-t-il déclaré.

 Des violences en série dans l’enclave

Ces décès ne sont pas des cas isolés. Plus tard dans la journée de dimanche, des tirs israéliens ont tué un autre Palestinien près d’une clinique gérée par les Nations Unies dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de l’enclave.

Les violences se sont poursuivies lundi, lorsqu’une fillette de six ans, Mennatallah Abu Libda, et une femme de 31 ans, Hanan Mahmoud, ont été tuées dans une frappe aérienne israélienne ayant visé un campement de tentes abritant des personnes déplacées dans la zone d’Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, dans le sud de Gaza.

Selon les services de secours, 17 autres personnes ont été blessées dans cette attaque menée par deux hélicoptères.

Face à cette recrudescence des opérations, l’armée israélienne a justifié ses actions en affirmant viser des « militants ». Dans un communiqué rapporté lundi, Tsahal a précisé avoir tué Mohammad Abu Mallouh, le père du nourrisson, le qualifiant de « militant senior du Hamas » et d’« élément clé du département de production d’armes » du groupe islamiste.

L’armée affirme que ses frappes post-cessez-le-feu visent à prévenir des attaques ou à empêcher les approches de sa ligne de démarcation. Les autorités sanitaires de Gaza ne font pas de distinction entre civils et combattants dans leurs bilans quotidiens.

Un cessez-le-feu de Trump sur la corde raide

Ces événements surviennent alors que le cessez-le-feu négocié par l’ancien président américain Donald Trump en octobre 2025 semble de plus en plus vacillant.

Bien que la trêve ait officiellement suspendu les combats de grande ampleur après deux ans de guerre, elle n’a pas réussi à instaurer une paix durable.

Israël et le Hamas sont actuellement dans l’impasse concernant la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord, qui prévoit le retrait total des troupes israéliennes et le désarmement du groupe militant.

Actuellement, Israël conserve le contrôle de plus de la moitié du territoire de Gaza, tandis que le Hamas ne contrôle qu’une étroite bande côtière.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé de Gaza, 880 Palestiniens ont été tués lors de frappes ou d’incidents impliquant l’armée israélienne depuis l’entrée en vigueur de la trêve en octobre.

Ce chiffre a depuis dépassé les 900, certains rapports faisant état de 904 morts. Du côté israélien, l’armée déplore la perte de quatre soldats sur la même période, tués par des tirs de militants. L’armée israélienne n’a pas encore commenté officiellement les frappes sur Nuseirat et Jabalia dans l’immédiat.

CTV avec Reuters

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