Un nouveau chapitre judiciaire s’ouvre ce mardi en Buenos Aires, où la justice argentine relance l’examen des circonstances qui entourent la disparition de l’icône du football mondial, près d’un an après l’annulation du premier procès pour vice de procédure.
Au cœur de cette affaire, sept membres de l’équipe médicale ayant accompagné l’ancien capitaine de l’Albiceleste comparaissent pour homicide par négligence.
Il s’agit notamment de la psychiatre Agustina Cosachov, du neurochirurgien Leopoldo Luque, du psychologue Carlos Ángel Díaz, ainsi que de plusieurs praticiens et infirmiers impliqués dans le suivi médical du champion du monde 1986.
Figure quasi mythique en Argentine, dont l’image imprègne aussi bien les fresques urbaines que les tatouages populaires, Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020 à l’âge de 60 ans, des suites d’une crise cardiaque, alors qu’il se remettait d’une intervention chirurgicale au cerveau.
Le procès se tient devant le tribunal de San Isidro, en périphérie de la capitale. Près d’une centaine de témoins doivent être entendus afin de déterminer si des manquements dans la prise en charge médicale ont contribué à la mort de l’ancien joueur.
Les accusés rejettent toute responsabilité. Une huitième prévenue, l’infirmière Dahiana Madrid, fera l’objet d’un procès distinct à une date ultérieure.
Le premier procès, ouvert en mars dernier, avait été interrompu de manière inattendue après la démission de la juge Julieta Makintach. Cette dernière avait été mise en cause pour avoir participé au tournage d’un documentaire dans l’enceinte même du tribunal, en violation des règles judiciaires.
La reprise des audiences contraint désormais l’accusation et la défense à revoir leurs stratégies, après une première phase marquée par la diffusion de nombreux éléments de preuve : images, enregistrements audio et expertises médico-légales. Plusieurs témoins clés, dont les enfants de Maradona et son ex-épouse Claudia Villafañe, avaient déjà été entendus.
Lors des précédentes audiences, le ministère public avait dénoncé de graves entorses aux protocoles médicaux, décrivant le lieu de convalescence du joueur comme un « théâtre de l’horreur », où les soins requis n’auraient pas été correctement dispensés.
La défense, de son côté, soutient que l’issue fatale était inévitable au regard de l’état de santé fragile de l’ancien footballeur, marqué par des décennies de lutte contre des addictions à la cocaïne et à l’alcool.
L’affaire avait pris une tournure judiciaire en 2021, à la suite des conclusions d’une commission médicale mandatée par les procureurs. Celle-ci avait pointé une prise en charge jugée « inappropriée, déficiente et imprudente ».
En cas de condamnation, les prévenus encourent des peines de huit à vingt-cinq ans de réclusion criminelle.
CTV Info avec Reuters





