Le Parlement européen a franchi, jeudi, une étape décisive dans la mise en œuvre du volet européen de l’accord commercial conclu avec les États-Unis, au terme de plusieurs mois d’incertitudes alimentées par les menaces douanières du président américain Donald Trump et l’instauration de nouveaux prélèvements à l’importation.
Réunis en séance plénière, les eurodéputés ont adopté le texte par 417 voix pour, 154 contre et 71 abstentions. Le document intègre plusieurs garde-fous, traduisant les préoccupations européennes face à l’attitude de Washington et les doutes quant au respect intégral de l’accord conclu à Turnberry, en Écosse, en juillet dernier.
Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a salué une « étape cruciale », estimant que cette avancée apportait davantage de visibilité aux entreprises du bloc.
Au cœur des discussions depuis plusieurs mois figurent la suppression des droits de douane de l’Union européenne sur les produits industriels américains ainsi qu’un accès élargi au marché européen pour les produits agricoles des États-Unis, un volet clé de l’accord.
Le dispositif prévoit également le maintien de l’exonération des droits de douane sur les homards américains, mesure introduite en 2020 sous l’administration Trump.
Malgré ce vote, la procédure législative reste inachevée. Des négociations doivent encore se tenir entre les représentants du Parlement et les gouvernements des États membres afin d’aboutir à une version définitive du texte. Le vote final n’est pas attendu avant avril ou mai.
Les parlementaires européens ont rappelé que les États-Unis demeurent le premier partenaire commercial de l’Union européenne, avec des exportations ayant atteint un niveau record de 555 milliards d’euros (641,47 milliards de dollars) en 2025.
Toutefois, lors des débats, plusieurs élus ont dénoncé un accord jugé déséquilibré : tandis que l’UE s’engage à lever la majorité de ses droits de douane, les États-Unis maintiennent un taux général de 15 %.
Le président de la commission du commerce international, Bernd Lange, a ainsi estimé qu’il ne s’agissait pas véritablement d’un accord commercial. Une analyse partagée par l’eurodéputée sociale-démocrate belge Kathleen Van Brempt, qui a dénoncé un « mauvais compromis ».
« Il n’apporte pas de stabilité. Il ne nous protège ni des tarifs, ni des menaces, ni des mesures de coercition », a-t-elle déclaré.
CTV Info avec Reuters





