L’ancien président français Nicolas Sarkozy a comparu ce lundi devant la cour d’appel pour contester sa condamnation à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, dans le cadre de l’enquête sur de présumées tentatives d’obtention de financements libyens pour sa campagne présidentielle.
Prononcée l’an dernier, cette condamnation avait fait de Nicolas Sarkozy le premier président français de l’après-guerre à être incarcéré, une chute spectaculaire pour celui qui a dirigé la France de 2007 à 2012.
Placée en détention en octobre à la prison de la Santé, l’ex-chef de l’État avait été libéré trois semaines plus tard sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire français.
Cette décision judiciaire est l’aboutissement de plusieurs années d’enquête sur des accusations selon lesquelles sa campagne victorieuse de 2007 a bénéficié de millions d’euros en espèces en provenance de la Libye, alors dirigée par le défunt dictateur Mouammar Kadhafi.
Nicolas Sarkozy, qui a toujours rejeté ces accusations, était soupçonné d’avoir conclu en 2005, lorsqu’il occupait le poste de ministre de l’Intérieur, un accord avec Mouammar Kadhafi afin d’obtenir un soutien financier pour sa campagne en échange d’un appui politique au régime libyen, alors largement isolé sur la scène internationale.
Les juges ont toutefois estimé qu’aucune preuve formelle ne permettait d’établir l’existence d’un tel accord ni que des fonds libyens aient effectivement alimenté les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, même si le calendrier des faits est jugé « compatible » et les circuits financiers « très opaques ».
Ils ont néanmoins retenu l’infraction d’association de malfaiteurs pour la période 2005-2007 et estime que l’ancien président avait laissé certains de ses proches entrer en contact avec des interlocuteurs libyens afin de tenter d’obtenir un financement.
Dans un communiqué publié vendredi, les ONG Sherpa, Anticor et Transparency International France ont rappelé que « la lutte contre la corruption ne relève pas seulement de l’intégrité : elle constitue un préalable à la protection de l’État de droit et au maintien d’une démocratie effective ».
L’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Christophe Ingrain, a indiqué ne faire aucun commentaire avant l’ouverture de l’audience d’appel.
CTV Info avec Reuters





